Une alopécie de traction est réversible tant que la cicatrice n’est pas installée, et c’est ce qui rend le moment du diagnostic si important. Je vous explique comment situer votre stade, ce qui change réellement le pronostic et ce que l’on peut proposer quand la perte de cheveux est ancienne. Pour une vue d’ensemble, reportez-vous à la page sur la chute de cheveux.
L’alopécie de traction est-elle réversible ?
Elle l’est au début, mais plus une fois la cicatrice installée. L’alopécie de traction évolue en deux phases : elle est d’abord non cicatricielle et réversible, puis elle laisse une cicatrice dans les cas chroniques.
Tout dépend donc de la durée pendant laquelle la traction s’exerce. Une traction chronique et répétée provoque une miniaturisation des follicules (ils s’affinent et produisent des cheveux de plus en plus fins), puis une fibrose, c’est-à-dire un tissu cicatriciel qui remplace le follicule.
Le pronostic dépend ainsi du stade du diagnostic. Une prise en charge précoce empêche la progression, alors qu’une atteinte ancienne entraîne des lésions folliculaires irréversibles. Plus tôt vous relâchez la coiffure, meilleures sont vos chances de garder vos cheveux.
Qu’est-ce que l’alopécie de traction et qu’est-ce qui la provoque ?
L’alopécie de traction est une perte de cheveux qui résulte d’une traction continue sur les racines, au fil du temps. Elle vient de nattes, de bigoudis ou d’une queue de cheval trop serrés, qui tirent constamment sur les cheveux.
Parmi les coiffures serrées en cause figurent les tresses, les queues de cheval, les tissages et les dreadlocks. Trois facteurs aggravants s’ajoutent à la coiffure elle-même : les défrisants chimiques, le coiffage à la chaleur et les accessoires qui augmentent la tension. Ce sont des facteurs de risque supplémentaires, que l’on peut limiter.
Pourquoi les zones des tempes sont les premières touchées
La chute se produit souvent à la naissance des cheveux, au niveau du front et des tempes. Elle touche typiquement les zones soumises à la tension, comme les régions temporales et préauriculaires (devant l’oreille). Les autres origines possibles d’une perte de cheveux sont décrites dans l’article sur les causes d’une perte de cheveux.
Comment reconnaître les signes précoces
Le diagnostic repose sur l’examen clinique, c’est-à-dire sur ce que le médecin observe et palpe. Les signes précoces sont les suivants.
- une rougeur (érythème) autour des follicules, là où le cuir chevelu est sollicité ;
- des cheveux cassés, qui ne tiennent plus à la tension de la coiffure ;
- un amincissement dans les zones de tension du cuir chevelu, au front et aux tempes.
Il vaut mieux consulter dès ces signes, car la phase précoce est celle où l’atteinte reste réversible. Vous pouvez en parler lors d’une consultation alopécie à Paris 16e.
Comment traiter une alopécie de traction ?
Le traitement commence par la suppression de la traction. L’alopécie de traction est traitée en éliminant la traction physique ou le stress subi par le cuir chevelu. Quand les unités folliculaires sont intactes, l’objectif principal est de réduire la tension avec des coiffures plus lâches, et le patient est éduqué sur les coiffures protectrices.
Peut-on la traiter naturellement ?
Traiter naturellement, c’est d’abord arrêter la traction : ce geste de base ne demande aucun produit.
Comment faire repousser les cheveux ?
Aux stades précoces non cicatriciels, des corticoïdes topiques ou intralésionnels peuvent réduire l’inflammation, et le minoxidil peut soutenir la repousse. Leur détail est traité à part, avec les autres solutions disponibles contre la chute de cheveux. Si rien ne repousse après plusieurs semaines sans coiffure serrée, parlez-en à un médecin.
Que faire quand la cicatrice est installée ?
Quand la cicatrice est installée, la perte de cheveux ne répond pas au traitement médical. Les cas chroniques peuvent en effet aboutir à une alopécie cicatricielle, une perte de cheveux irréversible. Les options sont alors esthétiques.
Dans l’alopécie de traction ancienne, la greffe de cheveux est envisageable, et les techniques de microgreffe, de minigreffe et de greffe d’unités folliculaires ont montré leur efficacité. Pour la prise en charge de ces cheveux, voir la page de greffe de cheveux à Paris 16e.
En cas de cicatrisation étendue, la micropigmentation du cuir chevelu peut aussi être envisagée, comme la greffe, pour une réhabilitation esthétique : elle redonne un aspect à la zone sans faire repousser de cheveux. Elle est présentée sur la page de tricopigmentation du cuir chevelu.
Ces deux options se décident en consultation. Le médecin y pose l’indication, et les risques de l’acte se discutent avant toute décision.
Comment éviter l’alopécie de traction ?
La prévention est possible : l’alopécie de traction est évitable grâce à de bonnes pratiques de soin des cheveux. Le pronostic à long terme reste favorable quand ces mesures sont appliquées avant une destruction folliculaire importante. Concrètement :
- relâchez la coiffure dès les premiers signes, sans attendre que les cheveux cassent ;
- limitez les défrisants chimiques et le coiffage à la chaleur, deux facteurs de risque supplémentaires ;
- évitez les accessoires qui augmentent la tension ;
- laissez au repos les coiffures serrées, dont les tresses, les queues de cheval, les tissages et les dreadlocks.
L’éducation des enfants et des adolescents fait aussi partie de la prévention : il s’agit de leur apprendre dès le départ quelles coiffures protègent les cheveux et lesquelles tirent sur les racines.
Questions fréquentes sur alopécie de traction
L’alopécie de traction, c’est quoi ?
C’est une perte de cheveux due à une traction continue sur les racines. Elle est liée à des nattes, des bigoudis ou une queue de cheval trop serrés.
Les cheveux repoussent-ils quand on les arrache ?
Au stade non cicatriciel, les follicules sont intacts et la repousse est possible. Une traction chronique et répétée abîme en revanche le follicule et peut mener à une cicatrice irréversible. Je ne donne aucun chiffre de délai.
Quelles coiffures provoquent l’alopécie de traction ?
Les tresses, les queues de cheval, les tissages et les dreadlocks sont en cause. Les défrisants chimiques et le coiffage à la chaleur aggravent le risque.
Comment traiter l’alopécie de traction naturellement ?
Supprimer ou relâcher la traction est le geste de base, et il ne demande aucun produit. Si la perte persiste, demandez l’avis d’un médecin.
Quel traitement médical existe pour l’alopécie de traction ?
Aux stades précoces non cicatriciels, des corticoïdes topiques ou intralésionnels peuvent réduire l’inflammation, et le minoxidil peut soutenir la repousse. Parlez-en à un médecin.
Peut-on faire une greffe de cheveux après une alopécie de traction ?
La greffe de cheveux est envisageable dans les formes anciennes. L’indication se pose en consultation.
Qui est le plus touché par l’alopécie de traction ?
Les personnes qui portent des coiffures serrées, en particulier celles dont la coiffure est tendue sur les zones temporales et préauriculaires.
Quand consulter un dermatologue
Si vos cheveux se cassent, si vous remarquez une rougeur ou des boutons autour des racines, si le front ou les tempes se dégarnissent, ou si une plaque ne repousse pas après plusieurs semaines sans coiffure serrée, consultez un dermatologue. Il dira si une prise en charge est possible à votre stade. Pour un avis sur les options esthétiques d’une atteinte ancienne, vous pouvez prendre rendez-vous à la clinique.


