Qui peut envisager une reconstruction du sein ?
La reconstruction mammaire concerne les femmes qui ont eu ou vont avoir une ablation du sein (mastectomie), pour un cancer ou en prévention chez une patiente porteuse d’une mutation génétique à risque. Elle concerne aussi les déformations après une tumorectomie, quand le sein conservé a perdu du volume ou s’est rétracté après la radiothérapie.
La reconstruction n’est ni un traitement du cancer ni une obligation. Certaines femmes choisissent de vivre avec un buste plat, de porter une prothèse externe, ou de décider plus tard. La Haute Autorité de santé propose un outil pour réfléchir à ces options avant d’en parler avec le chirurgien : reconstruction mammaire ou buste plat : vos souhaits et options (HAS, 2023).
Les malformations du sein relèvent d’autres pages : seins tubéreux, asymétrie mammaire.
Si vous préférez garder un buste plat
Parlez-en avant la mastectomie : le chirurgien peut en tenir compte dans sa façon d’opérer. Si, quelques mois plus tard, la paroi du thorax reste inconfortable ou irrégulière (bourrelet de peau ou de graisse, creux, cicatrice qui adhère), des retouches sont possibles au titre de la chirurgie réparatrice : retrait de la peau ou de la graisse en excès, injection de graisse pour combler un creux ou assouplir une cicatrice (Institut national du cancer).
Immédiate ou différée ?
- Reconstruction immédiate : elle se fait pendant la même opération que la mastectomie. La peau du sein peut souvent être conservée, et parfois l’aréole et le mamelon.
- Reconstruction différée : elle a lieu après la fin des traitements (chimiothérapie, radiothérapie), quand les tissus ont cicatrisé. Il n’y a pas de date limite : elle peut se faire des années après la mastectomie.
Le moment se décide avec l’équipe qui traite le cancer. La radiothérapie, faite ou prévue, pèse beaucoup dans le choix : la peau irradiée cicatrise moins bien et se prête moins à une prothèse, si bien que les techniques utilisant vos propres tissus sont souvent préférées dans ce cas.
Selon l’Institut national du cancer (cancer.fr), la reconstruction immédiate évite une seconde opération, et vous n’êtes à aucun moment sans sein ; elle demande au chirurgien une double compétence, en cancérologie et en chirurgie plastique. La reconstruction différée vous laisse vous consacrer d’abord à vos traitements et prendre le temps de choisir la technique, au prix d’une intervention de plus et d’une période sans sein.
Pour des raisons médicales, comme une radiothérapie prévue ou une tumeur volumineuse, il n’est parfois pas possible de commencer la reconstruction le jour de la mastectomie. Une prothèse externe glissée dans le soutien-gorge redonne du volume en attendant. Dans certains cas, un expandeur, implant temporaire gonflé au sérum physiologique, est posé dès la mastectomie pour préparer la suite (HAS).
Déroulement des consultations
La première consultation avec le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien et reconstructeur, sert à faire le point sur vos traitements (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie), à examiner la peau, la paroi thoracique, l’autre sein et les zones où des tissus pourraient être prélevés (ventre, dos, cuisses). Apportez vos comptes rendus opératoires et d’anatomopathologie, et vos dernières imageries. Les techniques possibles vous sont présentées avec leurs avantages, leurs contraintes et leurs cicatrices. Rien ne se décide le jour même : vous choisissez lors d’une seconde consultation. Le projet est coordonné avec votre oncologue.
Vous pouvez demander que toutes les techniques possibles dans votre cas vous soient présentées, y compris celles que le chirurgien ne pratique pas (Institut national du cancer), et prendre un second avis. Un psychologue, une infirmière ou une association de patientes peuvent aussi vous aider à mûrir cette décision (HAS).
Comment se déroule le parcours de reconstruction ?
Les trois étapes
- Recréer le volume du sein : c’est l’intervention principale.
- Harmoniser l’autre sein (symétrisation) : réduction, remontée ou augmentation, selon le volume et la forme du sein restant. Ce geste fait partie du parcours pris en charge (INCa).
- Reconstruire l’aréole et le mamelon, une fois la forme du sein stabilisée.
Selon l’Institut national du cancer, une reconstruction demande le plus souvent deux ou trois interventions, espacées de trois à six mois. La reconstruction de l’aréole et du mamelon est parfois réalisée en même temps que la symétrisation (cancer.fr).
Les techniques
La HAS décrit quatre familles de techniques (outil d’aide à la décision). Le choix dépend de votre morphologie, de l’état de la peau, des traitements reçus et de vos souhaits ; aucune technique ne convient à toutes les situations.
- Prothèse mammaire : un implant en silicone recrée le volume. Quand la peau manque, un expandeur (une prothèse gonflable) est d’abord posé et rempli peu à peu, puis remplacé par la prothèse finale. C’est l’intervention la plus courte, mais l’implant ne dure pas toute la vie et peut devoir être changé.
- Lambeau sans microchirurgie, comme le grand dorsal : peau, graisse et muscle du dos sont glissés sous la peau jusqu’au thorax, souvent avec une prothèse ou du lipofilling.
- Lambeau avec microchirurgie, comme le DIEP : peau et graisse du bas du ventre sont prélevées avec leurs vaisseaux, que le chirurgien raccorde à ceux du thorax. L’intervention est longue et demande une surveillance rapprochée les premiers jours ; elle suppose un ventre assez fourni. D’autres lambeaux prélèvent la face interne ou l’arrière de la cuisse.
- Lipofilling (injection de graisse) : la graisse prélevée par liposuccion est réinjectée dans le sein. Il complète souvent une prothèse ou un lambeau pour corriger les contours, et améliore la peau abîmée par la radiothérapie. Reconstruire un sein entier par lipofilling seul demande plusieurs séances. Voir le lipofilling mammaire.
Les techniques adaptées à votre cas vous sont présentées en consultation. Pour comparer les deux grandes options, voir lambeau ou prothèse : comment choisir sa reconstruction.
Sur quels critères se fait le choix ?
L’Institut national du cancer cite plusieurs éléments, que le chirurgien examine avec vous (cancer.fr) :
- l’étendue de la chirurgie du cancer et la quantité de tissu retirée ;
- la radiothérapie, faite ou prévue, qui modifie la peau ;
- la quantité et l’état des tissus disponibles, au ventre, au dos ou aux cuisses ;
- la taille et la forme de l’autre sein ;
- votre état de santé général et vos antécédents, par exemple une chirurgie ancienne du ventre ;
- vos préférences : refus d’un implant, durée d’intervention et de convalescence que vous acceptez.
L’aréole et le mamelon
L’aréole peut être recréée par tatouage médical ou par une greffe de peau, le mamelon par un petit lambeau de peau local ou une greffe d’une partie de l’autre mamelon. Un tatouage en trois dimensions peut donner l’illusion du relief sans nouvelle intervention. Tout le détail est sur la page reconstruction du mamelon après mastectomie.
Aréole et mamelon : les façons de les refaire
Préparation et intervention
- Bilan préopératoire, consultation d’anesthésie et imagerie de l’autre sein avant une symétrisation.
- Tabac : arrêt complet au moins un mois avant et jusqu’à cicatrisation, comme le demandent les chirurgiens plasticiens (SOFCPRE) ; c’est encore plus important pour un lambeau.
- Anesthésie générale. Hospitalisation de quelques heures à plusieurs jours selon la technique.
Résultats, cicatrices et sensibilité du sein reconstruit
Le sein reconstruit retrouve un volume et une forme, sans être identique au sein d’origine. Le résultat se construit sur plusieurs mois, souvent plus d’un an quand il y a plusieurs étapes. L’objectif est une symétrie aussi proche que possible, pas une symétrie parfaite.
Les cicatrices dépendent de la technique : celles de la mastectomie, parfois réutilisées, et celles de la zone de prélèvement pour un lambeau (dos, bas du ventre, cuisse). Elles s’assouplissent et pâlissent avec le temps.
Lambeaux : où les tissus peuvent être prélevés
La sensibilité du sein reconstruit est en général diminuée, parfois absente. Elle peut revenir en partie avec le temps, plutôt avec les lambeaux. L’aréole et le mamelon reconstruits n’ont pas de sensibilité érogène ; ce changement peut être abordé en consultation, seule ou avec votre partenaire.
La reconstruction ne gêne pas la surveillance du cancer : les examens de suivi restent possibles et sont organisés avec votre oncologue.
Avant / après : patients du Dr Edery



Photos publiées par le médecin sur son compte Instagram. Chaque résultat est propre à un patient et ne préjuge pas du vôtre.
Comment le sein reconstruit évolue-t-il avec les années ?
Un sein reconstruit avec vos propres tissus suit en général les variations de votre poids, comme l’autre sein. Avec une prothèse, le volume reste fixe alors que le sein naturel change avec l’âge et le poids : une asymétrie peut apparaître au fil des années et conduire à une retouche. Si le résultat ne vous convient pas, une reprise, par la même technique ou par une autre, peut être discutée en consultation.
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
- Prothèse : douleur modérée et tension les premiers jours ; reprise des activités du quotidien en deux à trois semaines en général.
- Lambeau : convalescence plus longue, avec une gêne au niveau de la zone de prélèvement (dos, ventre ou cuisse) ; quelques jours d’hospitalisation pour un lambeau microchirurgical.
- Lipofilling : suites courtes, ecchymoses sur la zone de liposuccion.
- Contention : soutien-gorge adapté, et gaine sur la zone de prélèvement si besoin, pendant la durée indiquée en consultation.
- Travail et sport : reprise progressive, plus rapide après une prothèse qu’après un lambeau.
- Suivi : consultations régulières entre chaque étape.
Les signes qui doivent vous faire appeler
Contactez sans attendre l’équipe chirurgicale en cas de :
- fièvre ;
- sein ou zone de prélèvement qui devient rouge, chaud ou de plus en plus douloureux ;
- gonflement rapide et important d’un côté ;
- écoulement par une cicatrice, ou cicatrice qui s’ouvre ;
- après un lambeau, peau du lambeau qui pâlit, devient violacée ou froide.
Kinésithérapie et soutien
Des séances de kinésithérapie aident à retrouver la mobilité de l’épaule et la souplesse du dos, en particulier après un lambeau prélevé dans le dos. Un soutien psychologique peut être demandé à chaque étape, et l’équipe d’oncologie qui vous suit peut vous orienter (HAS, prendre soin de vous et trouver du soutien).
Quels sont les risques selon la technique ?
Ils dépendent de la technique et vous sont détaillés en consultation :
- risques communs : hématome, infection, retard de cicatrisation, notamment sur une peau irradiée ;
- prothèse : coque (durcissement autour de l’implant), déplacement, rupture, exposition de l’implant, et le lymphome anaplasique associé aux implants, rare, surveillé par l’ANSM ;
- lambeau : souffrance partielle ou, rarement, perte du lambeau, gêne ou faiblesse de la zone de prélèvement, sérome dans le dos après un grand dorsal ;
- lipofilling : résorption d’une partie de la graisse, petits nodules.
Combien coûte une reconstruction mammaire à Paris ?
Ce que prend en charge l’Assurance maladie
Après un cancer du sein, la reconstruction est prise en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée (ALD), sur la base des tarifs de la Sécurité sociale (Institut national du cancer). Cela comprend la reconstruction du sein, la symétrisation de l’autre sein et la reconstruction de l’aréole et du mamelon.
Ce qui peut rester à votre charge
Des dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste peuvent s’ajouter, et ne sont pas couverts par l’ALD. Votre complémentaire santé peut en rembourser une partie. Ils sont indiqués sur le devis remis en consultation : demandez-le dès la première consultation.
Prix
Reconstruction mammaire : sur devis, après consultation, selon la technique et le nombre d’étapes. Les autres tarifs de chirurgie des seins sont sur la page tarifs et honoraires.
Sources
- Institut national du cancer, Cancers du sein : la reconstruction mammaire, cancer.fr.
- HAS, Reconstruction mammaire ou buste plat : vos souhaits et options, 29/03/2023, has-sante.fr.
- SOFCPRE, fiches d’information patients, sofcpre.fr.
Questions fréquentes sur la reconstruction mammaire
Quand peut-on faire une reconstruction mammaire ?
Pendant la mastectomie (reconstruction immédiate) ou plus tard, après la fin des traitements (reconstruction différée), sans limite de temps. Le moment se décide avec l’équipe qui traite le cancer.
Quelle technique de reconstruction choisir ?
Il n’y en a pas une seule. Une prothèse est plus simple et plus courte ; un lambeau utilise vos tissus et vieillit avec vous, au prix d’une intervention plus lourde et d’une cicatrice de prélèvement ; le lipofilling complète souvent les deux. Le choix dépend de votre corps, de la radiothérapie et de vos priorités.
Combien d’interventions faut-il ?
Le plus souvent deux ou trois, espacées de trois à six mois selon l’Institut national du cancer : le volume, l’autre sein, puis l’aréole et le mamelon.
La reconstruction est-elle remboursée ?
Oui, à 100 % au titre de l’ALD sur la base des tarifs de la Sécurité sociale, y compris la symétrisation et l’aréole. Les dépassements d’honoraires éventuels restent à votre charge ou à celle de votre complémentaire.
Peut-on reconstruire un sein après une radiothérapie ?
Oui. La peau irradiée cicatrise moins bien : les lambeaux et le lipofilling sont souvent préférés à la prothèse seule.
Le sein reconstruit est-il sensible ?
La sensibilité est en général diminuée. Elle peut revenir en partie avec le temps, plutôt après un lambeau.
La reconstruction gêne-t-elle la surveillance du cancer ?
Non. Les examens de suivi restent possibles et sont coordonnés avec votre oncologue.
Faut-il opérer l’autre sein ?
Pas toujours. Une symétrisation est souvent proposée pour équilibrer les deux seins ; elle fait partie du parcours pris en charge.
Est-on obligée de faire une reconstruction ?
Non. Le buste plat ou une prothèse externe sont des choix possibles, et la décision peut être prise plus tard.
La reconstruction est-elle douloureuse ?
Cela dépend de la technique : tension modérée quelques jours après une prothèse, gêne plus longue au dos ou au ventre après un lambeau. Le traitement contre la douleur est adapté à chaque étape.
Où se passent les consultations ?
À la Clinique Spontini, 76 rue Spontini, Paris 16e, avec le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien (RPPS 10102261806). Son parcours est présenté sur la page du Dr Edery.
Faut-il attendre la fin des traitements pour une reconstruction différée ?
Oui : le chirurgien attend la fin de la chimiothérapie et de la radiothérapie, et que la peau ait récupéré. Il n’y a pas de délai unique ; il se fixe avec votre oncologue et votre radiothérapeute, et la reconstruction reste possible des années plus tard.
Quel soutien-gorge porter après une reconstruction ?
Le soutien-gorge de maintien prescrit après l’intervention, pendant la durée indiquée en consultation, avec parfois une gaine sur la zone de prélèvement. Vos modèles habituels se reprennent ensuite, sur avis du chirurgien.
Peut-on reprendre une reconstruction qui ne convient pas ?
Oui. Une asymétrie apparue avec les années, une coque autour d’un implant ou un volume insuffisant peuvent conduire à une reprise, avec la même technique ou une autre. Elle se discute en consultation, comme la première intervention.










