Les seins tubéreux sont une malformation du sein liée à un développement incomplet de la glande. Elle apparaît à la puberté et touche un sein ou les deux. La poitrine a une forme conique ou tubulaire, une base étroite et une aréole large ou bombée ; les seins sont souvent asymétriques et écartés. Cette forme peut peser sur l’image de soi et sur la vie intime. Elle se corrige par la chirurgie, et la correction peut être prise en charge en partie par l’Assurance Maladie.
Comment reconnaître un sein tubéreux ?
Ce qui définit le sein tubéreux, c’est une base trop étroite : la glande, retenue par un anneau fibreux à sa base, ne peut pas s’étendre vers la périphérie et pousse vers l’avant, vers l’aréole. Les signes les plus fréquents :
- base du sein étroite et sillon sous-mammaire placé trop haut ;
- bas du sein peu développé, parfois plat ;
- aréole large, ou bombée par la glande qui fait hernie au travers ;
- seins écartés l’un de l’autre ;
- asymétrie de forme ou de volume, très fréquente ;
- petit volume le plus souvent, plus rarement un sein volumineux.
Pour une description illustrée des signes et des stades, lisez notre article comment reconnaître une poitrine tubéreuse.
Seins coniques ou en cône, est-ce la même chose ?
Pas toujours. Un sein conique, ou en cône, est une forme ; un sein tubéreux est une malformation qui associe cette forme à une base étroite et à un sillon trop haut. Beaucoup de seins coniques sont des variantes de la normale. L’examen fait la différence : c’est la base du sein, pas sa pointe, qui pose le diagnostic. Un sein tombé avec une aréole basse relève plutôt d’une ptôse mammaire.
Que montre le sein vu de profil ?
Un sein de forme habituelle repose sur une base large. La glande s’étale jusqu’au sillon sous-mammaire, bien marqué, et le bas du sein est arrondi. Dans un sein tubéreux, le sillon est remonté et le bas du sein reste court, parfois plat ; la glande se projette vers l’avant et l’aréole paraît gonflée. Ce contraste se voit mieux de profil que de face.
Trois types, selon la partie du sein qui manque
La classification la plus utilisée est celle de Grolleau (Grolleau et al., Plast Reconstr Surg 1999;104(7):2040-2048, PubMed) :
| Type | Zone du sein qui manque | Aspect |
|---|---|---|
| Type I | quadrant inférieur interne | sein asymétrique, aréole tournée vers l’intérieur |
| Type II | les deux quadrants inférieurs | bas du sein absent, aréole tournée vers le bas, souvent bombée |
| Type III | les quatre quadrants | sein très conique ou tubulaire, base très étroite, aréole très élargie |
Les seins sont parfois entre deux types, et les deux côtés n’ont pas toujours le même. Plus le type est avancé, plus la correction associe de gestes.
Quels gestes réunit la correction ?
La correction réunit en général plusieurs gestes dans la même intervention :
- libérer la base : sectionner l’anneau fibreux et déplier la glande pour qu’elle s’étale vers le bas ;
- abaisser le sillon sous-mammaire quand il est trop haut ;
- réduire l’aréole si elle est trop large ou bombée, par une cicatrice autour de l’aréole (voir aussi la réduction de l’aréole) ;
- apporter du volume si le sein est petit : lipofilling (votre propre graisse) ou prothèse.
Seins tubéreux : signes et gestes de correction
Lipofilling ou prothèse, comment choisir ?
Le choix entre lipofilling et prothèse dépend du type et du volume souhaité. Les formes légères (type I) répondent souvent au lipofilling seul. Les formes modérées à sévères (types II et III) demandent le plus souvent une prothèse associée au remodelage de la glande. Quand le volume est trop important, le geste se combine à une réduction. Si les deux seins sont très différents, voir aussi la correction des asymétries mammaires.
Dans les formes sévères, un second temps opératoire est parfois nécessaire, par exemple pour compléter un lipofilling ou corriger un relâchement de la peau après la mise en place d’une prothèse.
| Lipofilling | Prothèse | |
|---|---|---|
| Formes concernées | souvent seul dans les formes légères (type I) | le plus souvent dans les types II et III, avec le remodelage de la glande |
| Ce qui apporte le volume | votre propre graisse, prélevée puis réinjectée dans le sein | l’implant, dont la taille fixe le volume ajouté |
| Zone opérée en plus | la zone de prélèvement, souvent la plus sensible après l’opération | aucune |
| À savoir | une partie de la graisse injectée se résorbe ; un second temps peut compléter le volume | les risques propres aux implants ; un second temps peut corriger un relâchement de la peau |
Comment se passe l’intervention ?
Les consultations. L’examen mesure la base du sein, la hauteur du sillon, la taille de l’aréole, le volume et l’asymétrie, et fixe le type. On parle des cicatrices, des résultats que l’on peut attendre et des risques. Des photographies médicales sont prises, en particulier pour la demande de prise en charge. Un examen d’imagerie du sein peut être demandé selon l’âge et le contexte. La loi impose un délai de réflexion d’au moins quinze jours entre la remise du devis et l’intervention (article L6322-2 du Code de la santé publique).
L’intervention. Elle se fait sous anesthésie générale, au bloc opératoire, en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation. Sa durée dépend du type et des gestes associés.
L’âge. On opère une fois la croissance des seins terminée, en général vers 17-18 ans, quand la gêne est réelle et la demande mûrie. Chez une patiente mineure, le consentement des titulaires de l’autorité parentale est requis.
Avant l’intervention
Une consultation d’anesthésie a lieu avant l’opération. Signalez-y vos traitements, en particulier ceux qui fluidifient le sang. Le tabac ralentit la cicatrisation, son arrêt est donc demandé avant et après l’intervention. Un poids stable aide à fixer le volume à apporter, surtout si un lipofilling est prévu. Lorsqu’une prise en charge est demandée, la demande d’entente préalable est faite avant l’intervention.
Résultats et cicatrices
Le changement de forme se voit dès l’intervention ; le résultat se juge une fois l’œdème résorbé et le volume stabilisé, au bout de quelques mois. Le but est un sein à base plus large, au bas mieux rempli, avec une aréole réduite. Une asymétrie légère peut rester : deux seins tubéreux ne sont jamais tout à fait identiques au départ. Les cicatrices autour de l’aréole s’éclaircissent avec le temps sans disparaître.
Le résultat avec les années
Avec le temps, le sein corrigé évolue comme tout sein : l’âge, les variations de poids, une grossesse ou un allaitement le modifient. Avec un lipofilling, la graisse greffée qui a pris se comporte comme le reste de votre graisse et suit vos variations de poids. Si vous avez un projet de grossesse proche, parlez-en en consultation, il peut peser sur le moment choisi pour opérer.
Les semaines qui suivent l’opération
Vous rentrez chez vous le jour même ou après une courte hospitalisation, avec le soutien-gorge de contention.
Œdème et bleus sont fréquents les premières semaines ; la douleur est modérée et calmée par des antalgiques. Avec un lipofilling, la zone de prélèvement de graisse est souvent la plus sensible. Le soutien-gorge de contention se porte jour et nuit pendant 4 à 6 semaines. La marche reprend dans les premiers jours ; le sport est différé de plusieurs semaines, et la date de reprise est fixée en consultation de contrôle. Les cicatrices sont protégées du soleil pendant un an.
Quels signes doivent vous faire appeler ?
- un sein qui gonfle vite, devient dur ou nettement plus douloureux que l’autre ;
- de la fièvre, un sein rouge et chaud, ou une cicatrice qui suinte ;
- une cicatrice qui s’ouvre ;
- une douleur dans un mollet ou un essoufflement inhabituel.
Dans ces cas, appelez la clinique sans attendre la consultation de contrôle. En cas de gêne respiratoire, appelez le 15.
Quels risques faut-il connaître ?
En plus des risques de toute chirurgie et de l’anesthésie (hématome, infection, retard de cicatrisation), certains sont propres à cette correction :
- asymétrie résiduelle ;
- correction insuffisante, qui peut demander une retouche ;
- réapparition partielle de la hernie de l’aréole ou du « double sillon » sous le sein, surtout dans les types III ;
- avec une prothèse : les risques propres aux implants, détaillés sur la page augmentation mammaire ;
- avec un lipofilling : une partie de la graisse injectée se résorbe.
Chez les fumeuses, le risque de retard de cicatrisation et d’ouverture des cicatrices est plus élevé.
Combien coûte la correction, et qu’est-ce qui est remboursé ?
Le tarif est établi sur devis, après consultation, selon le type et les gestes associés. Les seins tubéreux sont une malformation : la correction peut être prise en charge en partie par l’Assurance Maladie, après une demande d’entente préalable acceptée par le médecin-conseil (dossier avec photographies médicales et description de la gêne). Les dépassements d’honoraires restent à la charge de la patiente ou de sa mutuelle. Tous les prix sont sur la page nos tarifs.
La demande est remplie par le chirurgien et adressée à votre caisse d’Assurance Maladie. Le médecin-conseil peut vous recevoir pour un examen avant de répondre. Sans accord, l’intervention reste possible, mais sans prise en charge.
Questions fréquentes sur les seins tubéreux
Qu’est-ce qu’un sein tubéreux ?
Une malformation qui apparaît à la puberté : la base du sein est trop étroite, la glande se développe vers l’aréole au lieu de s’étaler, le sein prend une forme conique ou tubulaire.
Un sein conique est-il forcément tubéreux ?
Non. La forme conique peut être une variante normale. On parle de sein tubéreux quand elle s’accompagne d’une base étroite, d’un sillon trop haut ou d’une aréole qui fait hernie.
La correction des seins tubéreux est-elle remboursée ?
En partie, dans la plupart des cas, car il s’agit d’une malformation. Il faut une demande d’entente préalable acceptée par le médecin-conseil ; les dépassements d’honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle.
Faut-il forcément une prothèse ?
Non. Les formes légères se corrigent souvent par remodelage de la glande et lipofilling. Les formes plus marquées demandent le plus souvent une prothèse.
À quel âge peut-on corriger des seins tubéreux ?
Après la fin de la croissance des seins, en général vers 17-18 ans, quand la gêne est réelle et la demande mûrie.
Peut-on allaiter avec des seins tubéreux ?
La malformation peut limiter la glande et rendre l’allaitement difficile, avec ou sans chirurgie. Parlez-en en consultation si vous avez un projet de grossesse.
Faut-il parfois deux interventions ?
Oui, surtout dans les formes sévères : un second temps peut compléter le volume ou corriger la forme.
Quand reprendre le sport ?
La marche reprend dans les premiers jours ; le sport est différé de plusieurs semaines, selon l’avis donné en consultation de contrôle.
L’intervention est-elle douloureuse ?
Les douleurs sont modérées et calmées par des antalgiques ; avec une prothèse, la sensation de tension diminue en quelques jours.
D’où vient cette malformation ?
Sa cause exacte n’est pas connue. On décrit un anneau fibreux à la base du sein qui empêche la glande de s’étendre au moment où elle se développe, à la puberté. Ce n’est la conséquence ni d’un régime ni du sport.
Peut-on corriger des seins tubéreux sans chirurgie ?
Non. Aucun exercice et aucun traitement ne modifient la base du sein. Un soutien-gorge rembourré peut masquer la forme, il ne la corrige pas.
Peut-on n’opérer qu’un seul sein ?
Oui, quand un seul sein est tubéreux. Un geste sur l’autre sein se discute seulement si la différence de volume ou de forme le justifie.
La forme tubéreuse peut-elle revenir après l’opération ?
Une réapparition partielle de la hernie de l’aréole ou d’un double sillon est possible, surtout dans les types III, où l’anneau fibreux est plus marqué. Elle peut se reprendre lors d’une retouche.







