Le lifting mammaire, ou mastopexie, remonte un sein tombé : l’aréole et le mamelon retrouvent leur place, la glande est remodelée et la peau en trop est retirée. Le volume reste le même. Si le sein est aussi vidé, on peut ajouter une prothèse ou un lipofilling dans la même intervention.
À qui s’adresse un lifting des seins ?
La ptôse mammaire, c’est la chute du sein : la glande descend, l’aréole passe au niveau du sillon sous le sein ou en dessous, la peau se relâche. En consultation, les causes sont presque toujours les mêmes : grossesses et allaitement, perte de poids importante, relâchement de la peau avec l’âge, et une part d’hérédité qui joue sur la qualité des tissus. Des seins lourds tombent aussi sous leur propre poids.
Le lifting s’adresse aux femmes qui sont satisfaites de leur volume mais pas de la position de leurs seins. Si le volume manque aussi, on discute d’un geste combiné. Si les seins sont trop lourds, c’est une réduction mammaire qu’il faut envisager : elle retire du volume, alors que le lifting le conserve. Pour mieux comprendre la condition elle-même, voir la page ptôse mammaire : stades et causes.
Mieux vaut avoir un poids stable et avoir terminé ses projets de grossesse : une grossesse après l’intervention peut faire redescendre le sein.
Quelle cicatrice pour quel degré de ptôse ?
L’examen mesure la position du mamelon par rapport au sillon sous-mammaire, selon la classification de Regnault (Regnault, Clin Plast Surg 1976, PubMed) :
- grade 1 : le mamelon est au niveau du sillon ;
- grade 2 : il est sous le sillon, sans être le point le plus bas du sein ;
- grade 3 : il est sous le sillon et regarde vers le bas, au point le plus bas du sein.
Vous pouvez vous faire une première idée devant un miroir, de profil, sans soutien-gorge : repérez le pli sous le sein, puis regardez où se trouve le mamelon par rapport à ce pli. S’il est au même niveau, s’il est plus bas, ou s’il est devenu le point le plus bas du sein et regarde vers le sol, vous retrouvez les trois grades. Seul l’examen en consultation tranche, car il tient compte aussi du volume et de la peau.
On évalue aussi le volume de glande restant et l’élasticité de la peau. Plus la ptôse est marquée, plus il faut retirer de peau, et plus la cicatrice est longue. Choisir une cicatrice plus courte que ce que demande la ptôse donne un résultat insuffisant : c’est le vrai arbitrage de la consultation.
| Degré de ptôse | Technique | Cicatrice |
|---|---|---|
| Légère (grade 1) | Péri-aréolaire (round block) | Autour de l’aréole |
| Modérée (grade 2) | Verticale (« lollipop ») | Autour de l’aréole + verticale jusqu’au sillon |
| Marquée (grade 3) ou grand excès de peau | T inversé (technique de Wise) | Aréole + verticale + horizontale dans le sillon |
| Sein vidé, tout degré | Lifting + prothèse ou lipofilling | Celle du degré de ptôse |
Mastopexie péri-aréolaire (round block)
Réservée aux ptôses légères. La cicatrice fait le tour de l’aréole, ce qui remonte un peu le mamelon et réduit une aréole trop large. C’est la cicatrice la plus courte, mais l’effet liftant reste limité : sur une ptôse plus importante, elle expose à une aréole qui s’élargit et à un sein aplati.
Mastopexie verticale (« lollipop »)
Pour les ptôses modérées. À la cicatrice autour de l’aréole s’ajoute une ligne verticale jusqu’au sillon. Elle remodèle bien le bas du sein et donne un galbe naturel avec des cicatrices contenues.
Mastopexie en T inversé (technique de Wise)
Pour les ptôses marquées ou les grands excès de peau, en particulier après un amaigrissement important. Une cicatrice horizontale est ajoutée dans le sillon sous-mammaire. Elle donne la main sur la forme dans les grandes ptôses, au prix de cicatrices plus longues.
Faut-il aussi redonner du volume ?
Remonter sans changer le volume
Le lifting seul retire la peau en excès, remet la glande en place et remonte l’aréole. Il n’ajoute aucun corps étranger : pas de prothèse à surveiller ni à changer. Il convient quand le volume suffit à remplir la peau une fois retendue.
Le repère utilisé en consultation : une patiente qui remplit un bonnet C ou D et veut garder ce volume relève d’un lifting seul. Un bonnet A ou B avec un souhait de volume oriente vers un geste combiné.
Remonter et ajouter du volume
Un sein vidé après une grossesse ou un amaigrissement ne retrouve pas le haut du décolleté avec un lifting seul. On associe alors une prothèse (volume défini, projection) ou un lipofilling mammaire (votre propre graisse, gain plus modéré). Une prothèse demande ensuite une surveillance régulière et peut devoir être changée un jour ; le choix se fait selon le volume souhaité, la qualité de la peau et votre rapport aux implants. Pour comparer les deux options en détail, lisez notre article mastopexie avec ou sans pose d’implants. Si c’est surtout le volume qui vous gêne, voyez l’augmentation mammaire ou l’augmentation composite.
Lifting après retrait de prothèses
Après l’ablation d’implants, la peau reste distendue et le sein retombe : un lifting peut alors être discuté en consultation. Voir aussi le changement de prothèses mammaires.
Après une grossesse ou un amaigrissement important, voir aussi la correction de la ptôse après amaigrissement et le mommy makeover.
Comment se passe l’intervention ?
Avant l’opération. La première consultation sert à mesurer le degré de ptôse, le volume et la qualité de la peau, à choisir la technique et à parler des cicatrices sans détour. Un bilan d’imagerie du sein est demandé avant l’intervention, avec une consultation d’anesthésie. Le tabac doit être arrêté 6 semaines avant et 6 semaines après : il augmente le risque de mauvaise cicatrisation et de souffrance de l’aréole. La loi impose un délai de réflexion d’au moins quinze jours entre la remise du devis et l’intervention (article L6322-2 du Code de la santé publique et son décret d’application).
Le jour de l’intervention. L’intervention dure 1 h 30 à 2 h 30 selon la technique et la pose éventuelle d’une prothèse, sous anesthésie générale, en ambulatoire ou avec une nuit d’hospitalisation. Les dessins sont faits avant l’anesthésie, patiente debout. Le geste suit quatre temps :
- fixation de la glande sur le plan du muscle ;
- remontée de l’aréole et du mamelon à leur nouvelle hauteur ;
- retrait de la peau en excès ;
- fermeture en plusieurs plans au fil résorbable.
Un soutien-gorge de contention est posé en fin d’intervention. Sans prothèse, un drain est rarement nécessaire.
Pourquoi les dessins se font-ils debout ?
Debout, le sein tombe comme dans la vie de tous les jours. Le Dr Edery repère alors la future hauteur du mamelon par rapport au sillon sous le sein, la taille de l’aréole et les limites de la peau à retirer, en comparant les deux côtés. Ces tracés guident ensuite tout le geste, patiente endormie et allongée, quand le sein ne tombe plus de la même façon.
Résultat et cicatrices, ce qui change au fil des mois
Le sein est remonté dès le retrait du pansement. Le bas du sein paraît d’abord un peu plat et le haut bombé : la forme se détend au fil des semaines. Le résultat se juge à 6-12 mois, une fois la forme stabilisée.
Ce bas de sein un peu plat est voulu : le chirurgien remonte la glande légèrement plus haut que la position finale, en sachant que le sein redescend un peu en se détendant. Ne jugez donc pas la forme sur les premières semaines.
Les cicatrices passent du rouge au rosé, puis au blanc, sur 12 à 18 mois. Leur aspect final varie d’une personne à l’autre et ne se prévoit pas. Les cicatrices sont le prix du repositionnement : aucune technique ne corrige une vraie ptôse sans cicatrice, et le choix se porte sur la plus courte compatible avec votre degré de ptôse.
Combien de temps dure le résultat ? Le repositionnement persiste, mais le sein continue de vieillir : la pesanteur, une grossesse ou une variation de poids peuvent le faire redescendre avec les années. Un poids stable aide à le garder. Si la ptôse revient, un second lifting peut reprendre les mêmes cicatrices. Pour le détail : combien de temps durent les résultats d’un lifting mammaire ?.
Avant / après : patients du Dr Edery










Photos publiées par le médecin sur son compte Instagram. Chaque résultat est propre à un patient et ne préjuge pas du vôtre.
Combien de temps avant de reprendre une vie normale ?
Les douleurs sont modérées : du paracétamol et des anti-inflammatoires suffisent le plus souvent. L’œdème et les bleus régressent en 2 à 3 semaines.
| Étape | Délai |
|---|---|
| Soutien-gorge de contention | jour et nuit pendant 6 semaines |
| Travail de bureau | entre J+7 et J+14 |
| Sport doux | à 4 semaines |
| Natation, musculation, course | à 6-8 semaines |
| Soleil sur les cicatrices | à éviter pendant un an |
La sensibilité du mamelon peut baisser après l’opération. Elle revient le plus souvent en quelques mois, mais pas toujours complètement, surtout quand l’aréole a été beaucoup remontée. Pour en savoir plus : garde-t-on la sensibilité des mamelons après un lifting ?.
Côté cicatrices : massages et gel de silicone à partir de la 4e semaine, protection solaire stricte pendant un an. Pour le choix du soutien-gorge après l’opération, voir quel soutien-gorge après une opération du sein.
Dormir, s’habiller, lever les bras
Les premières semaines, dormez sur le dos, avec le soutien-gorge de contention, le buste un peu relevé si cela vous soulage. Choisissez des vêtements qui s’ouvrent devant pour ne pas lever les bras au-dessus de la tête, et évitez de porter des charges lourdes tant que les cicatrices sont jeunes ; prévoyez de l’aide pour les jeunes enfants (s’habiller après une opération des seins, se coiffer seule).
Quels signes doivent vous faire appeler ?
Appelez sans attendre si un sein gonfle nettement plus que l’autre, si une aréole devient violacée ou noire, en cas de fièvre, de rougeur qui s’étend, d’écoulement ou d’ouverture d’une cicatrice, ou si la douleur augmente au lieu de diminuer. Une petite zone de cicatrice qui tarde à fermer, souvent à la jonction du T, se surveille avec le chirurgien jusqu’à cicatrisation.
Quels sont les risques ?
Ils sont rares mais doivent être connus avant de décider :
- hématome, qui peut demander une reprise au bloc ;
- infection ;
- retard de cicatrisation ou petite désunion d’une cicatrice, surtout chez les fumeuses ;
- cicatrice élargie, épaisse ou hypertrophique ;
- asymétrie résiduelle entre les deux seins ;
- baisse de sensibilité de l’aréole, le plus souvent transitoire, parfois durable ;
- très rarement, souffrance ou nécrose partielle de l’aréole, favorisée par le tabac.
Ces risques vous sont expliqués en consultation, avant toute décision.
Quel budget prévoir pour un lifting mammaire ?
| Intervention | Tarif |
|---|---|
| Lifting mammaire sans implants | dès 6 000 € |
| Lifting mammaire avec implants | dès 8 000 € |
| Lipofilling mammaire | dès 7 500 € |
Le tarif dépend de la technique et d’un éventuel geste de volume associé. Un devis détaillé est remis après la consultation. Tous les prix sont sur la page nos tarifs.
Le lifting mammaire esthétique seul n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie. La prise en charge devient possible quand l’intervention est une réduction mammaire qui retire au moins 300 g par sein (acte CCAM QEMA013, fiche ameli). Pour le détail des démarches : prise en charge d’une réduction mammaire par la Sécurité sociale.
Les différents types de lifting mammaire (mastopexie)
- Ptôse mammaire : La ptôse mammaire désigne l’affaissement des seins lié au relâchement cutané et à la descente de la glande mammaire.
- Ptôse après grossesse (mommy makeover) : Le Mommy Makeover regroupe plusieurs interventions chirurgicales personnalisées, envisagées après une ou plusieurs grossesses.
- Ptôse après amaigrissement : La ptôse mammaire après amaigrissement correspond à un affaissement des seins survenant après une perte de poids significative.
Questions fréquentes sur la mastopexie
Mastopexie et lifting mammaire, c’est la même chose ?
Oui. Mastopexie est le terme médical du lifting mammaire. On parle aussi de cure de ptôse.
Le lifting mammaire augmente-t-il la taille des seins ?
Non. Le lifting seul repositionne la glande et l’aréole sans changer le volume. Pour gagner du volume, on lui associe une prothèse ou un lipofilling.
Quel type de cicatrice après un lifting des seins ?
Elle dépend du degré de ptôse : autour de l’aréole pour une ptôse légère, avec une verticale pour une ptôse modérée, en T inversé pour une ptôse marquée. Elle mûrit en 12 à 18 mois.
Peut-on faire une mastopexie sans cicatrice ?
Non. Retirer la peau en excès impose une cicatrice ; sa longueur dépend du degré de ptôse. Méfiez-vous des offres de lifting « sans cicatrice » sur une vraie ptôse.
Peut-on remonter les seins sans chirurgie ?
Non. Fils tenseurs, radiofréquence, crèmes ou exercices ne repositionnent ni la glande ni le mamelon. Ils peuvent améliorer un peu la qualité de la peau, pas corriger une ptôse installée. Voir aussi nos fils tenseurs, dont ce n’est pas l’indication.
Peut-on allaiter après une mastopexie ?
Le plus souvent oui, car la technique garde le lien entre la glande et le mamelon, sans certitude pour autant. Parlez de tout projet de grossesse en consultation : il peut changer le calendrier ou la technique.
Faut-il attendre la fin des grossesses ?
C’est préférable : une grossesse après le lifting modifie le sein et peut faire revenir la ptôse.
La mastopexie est-elle remboursée ?
Pas pour un lifting esthétique seul. Une prise en charge est possible si le geste est une réduction mammaire d’au moins 300 g par sein (acte CCAM QEMA013).
Quand reprendre le sport ?
Sport doux à 4 semaines, sport complet (natation, musculation, course) à 6-8 semaines, avec la contention pendant 6 semaines.
Le soutien-gorge de contention est-il obligatoire ?
Oui, jour et nuit pendant 6 semaines. Il maintient le sein dans sa nouvelle position pendant la cicatrisation.
Mastopexie ou augmentation mammaire ?
La mastopexie corrige la position, l’augmentation corrige le volume. Sein tombant et vidé : les deux gestes s’associent dans la même intervention.
Peut-on corriger une asymétrie pendant un lifting ?
Oui, en partie : la quantité de peau retirée et la hauteur de l’aréole peuvent différer d’un côté à l’autre. Une asymétrie importante de volume relève d’un geste dédié, voir la correction des asymétries mammaires.
Quand voit-on le résultat définitif d’un lifting mammaire ?
La forme se juge entre 6 et 12 mois, quand le sein s’est détendu. Les cicatrices passent du rouge au blanc sur 12 à 18 mois, et c’est à ce moment qu’on apprécie leur aspect final.
Le lifting mammaire est-il douloureux ?
Les douleurs sont modérées et se traitent le plus souvent par paracétamol et anti-inflammatoires. L’œdème et les bleus régressent en 2 à 3 semaines ; la gêne vient surtout de la tension des premiers jours.









