Quels sont les différents cancers de la peau ?
On distingue deux grandes familles : les carcinomes, de loin les plus fréquents, et le mélanome (INCa, Les cancers de la peau).
Cancers de la peau : où ils naissent et marge de sécurité
Carcinome basocellulaire
C’est le cancer de la peau le plus fréquent. Il apparaît surtout après 50 ans, sur le visage et les zones exposées. Il prend la forme d’un petit nodule rosé et perlé, d’une plaque qui s’étend ou d’une plaie qui ne cicatrise pas. Il grandit lentement et ne donne pratiquement jamais de métastases. Laissé sans traitement, il peut en revanche détruire les tissus voisins. Voir l’exérèse du carcinome basocellulaire.
Carcinome épidermoïde
Moins fréquent, il naît souvent sur une peau abîmée par le soleil, parfois sur une kératose actinique. Il forme une lésion croûteuse, épaisse ou ulcérée qui grossit en quelques semaines ou quelques mois. Il peut atteindre les ganglions : il doit être retiré sans tarder. Voir l’exérèse du carcinome épidermoïde.
Mélanome
Il se développe à partir des cellules du pigment, sur un grain de beauté existant ou sur une peau saine. Il est moins fréquent mais plus grave, car il peut se disséminer. La chirurgie se fait en deux temps : une exérèse diagnostique, puis une reprise avec une marge qui dépend de l’épaisseur mesurée. Voir l’exérèse du mélanome.
Cancers cutanés rares
Le carcinome de Merkel, les carcinomes annexiels ou le dermatofibrosarcome relèvent de centres spécialisés et de réunions de concertation dédiées. Le chirurgien vous oriente si l’analyse retrouve l’un d’eux.
Lésions précancéreuses
La kératose actinique (petite plaque rugueuse et rosée sur une zone exposée au soleil) et la maladie de Bowen (carcinome épidermoïde limité à la surface) peuvent évoluer vers un carcinome épidermoïde. Elles se traitent même sans symptôme.
Qui est à risque, et quels signes surveiller ?
Le principal facteur de risque est l’exposition aux ultraviolets, naturels ou de cabine, en particulier les coups de soleil de l’enfance (INCa). D’autres facteurs augmentent le risque :
- une peau claire ;
- de nombreux grains de beauté ;
- des antécédents personnels ou familiaux ;
- l’âge ;
- un traitement qui affaiblit l’immunité, après une greffe d’organe par exemple.
Consultez si vous remarquez :
- une plaie ou un bouton qui ne guérit pas en quelques semaines ;
- une croûte qui revient ;
- une lésion qui saigne ;
- un grain de beauté qui change (règle ABCDE).
Comment se passe la prise en charge ?
- Diagnostic : examen de la peau au dermatoscope, puis biopsie ou exérèse diagnostique. Voir la biopsie cutanée.
- Décision : le type de cancer, sa taille, son siège et, pour le mélanome, son épaisseur déterminent la marge et la technique. Les dossiers qui le demandent, dont les mélanomes, passent en réunion de concertation pluridisciplinaire.
- Exérèse : la plupart des carcinomes sont retirés sous anesthésie locale. Les exérèses larges ou les reconstructions par lambeau peuvent demander une anesthésie générale.
- Analyse : le laboratoire vérifie que les bords de la pièce sont sains. S’ils ne le sont pas, une reprise est proposée.
Les marges dépendent du type histologique, de la taille et de la localisation, selon les recommandations. Elles sont détaillées sur les pages de chaque cancer (sources : SFD, fiche carcinome basocellulaire ; INCa, exérèse de sécurité du mélanome).
Reconstruction et résultats après exérèse
Sur le visage, le défaut laissé par l’exérèse est souvent plus grand que la lésion visible. Le chirurgien plasticien choisit la fermeture :
- suture directe quand la peau le permet ;
- lambeau local, qui déplace la peau voisine ;
- greffe de peau pour les défauts plus larges, sur le nez ou le cuir chevelu par exemple.
La cicatrice évolue pendant six à douze mois. Voir aussi la reconstruction du visage après exérèse.
Après l’opération, quel suivi ?
- La douleur est en général modérée quelques jours. Les fils sont retirés entre J7 et J14 selon la zone.
- Un suivi dermatologique régulier dépiste une récidive ou un nouveau cancer. Son rythme dépend du type et du stade du cancer.
- Une protection solaire stricte et un examen de toute la peau chaque année sont recommandés.
Quels sont les risques de l’opération ?
Saignement, infection, retard de cicatrisation, cicatrice visible ou rétractée, souffrance d’un lambeau ou non-prise d’une greffe, et récidive locale si l’exérèse était incomplète.
Prix et remboursement
Le prix est donné sur devis, après consultation. La chirurgie d’un cancer de la peau est remboursée par l’Assurance maladie. Le mélanome et certains carcinomes peuvent relever d’une affection de longue durée (ALD). Un complément d’honoraires peut s’appliquer selon la complexité de la reconstruction : le devis le précise.
Les différents types de chirurgie des cancers cutanés
- Carcinome basocellulaire : L’exérèse de carcinome basocellulaire correspond à l’ablation chirurgicale d’une tumeur cutanée maligne issue des cellules basales de l’épiderme.
- Carcinome épidermoïde : L’exérèse des carcinomes épidermoïdes vise à retirer une tumeur cutanée maligne développée à partir des kératinocytes de l’épiderme.
- Exérèse des mélanomes : L’exérèse des mélanomes avec marges de sécurité vise à retirer une tumeur cutanée maligne avec une zone de tissu sain périphérique.
- Biopsie cutanée : La biopsie cutanée consiste à prélever un échantillon de peau afin de réaliser une analyse anatomopathologique en laboratoire.
Questions fréquentes sur les cancers de la peau
Quelle différence entre un carcinome et un mélanome ?
Le carcinome naît des cellules de surface de la peau. Il est fréquent et le plus souvent local. Le mélanome naît des cellules du pigment. Il est plus rare, mais il peut se disséminer.
Comment reconnaître un cancer de la peau ?
Une lésion qui ne guérit pas, saigne, s’étend ou change d’aspect doit être examinée. Seule l’analyse d’un prélèvement confirme le diagnostic.
Un carcinome basocellulaire est-il grave ?
Il ne donne presque jamais de métastases, mais il détruit les tissus voisins s’il n’est pas retiré. Retiré en entier avec des marges saines, il récidive rarement. Un suivi reste nécessaire.
La chirurgie est-elle le seul traitement ?
C’est le traitement de référence. Pour certains carcinomes superficiels, d’autres options existent : crème, cryothérapie, photothérapie dynamique, radiothérapie. Elles se discutent au cas par cas.
Que se passe-t-il si les marges ne sont pas saines ?
Une reprise chirurgicale est proposée pour retirer le reste de la tumeur.
Faut-il une greffe ou un lambeau après l’exérèse ?
Pas toujours. Beaucoup de lésions se referment par une simple suture. Le lambeau ou la greffe sont proposés quand la perte de peau est plus large ou située sur le nez, la paupière ou l’oreille.
La chirurgie d’un cancer de la peau est-elle remboursée ?
Oui. Le devis précise un éventuel complément d’honoraires.



