Qu’est-ce que le diastasis des grands droits ?
Les deux muscles grands droits descendent verticalement de chaque côté du nombril. Ils sont reliés au milieu par une bande fibreuse, la ligne blanche. Quand cette ligne s’élargit et se distend, les muscles s’écartent : c’est le diastasis. Le ventre bombe au milieu, surtout à l’effort ou quand on se relève d’une position couchée, et garde parfois un aspect de « ventre de grossesse » des mois après l’accouchement.
Les causes les plus fréquentes sont la grossesse (en particulier les grossesses multiples), une prise ou une perte de poids importante, le vieillissement de la paroi et les efforts de poussée répétés. Il touche aussi des hommes, plutôt au-dessus du nombril.
Le diastasis n’est pas une hernie : il n’y a pas de trou dans la paroi. Une hernie ombilicale ou de la ligne blanche peut toutefois s’y associer ; elle se traite alors dans le même temps.
Comment savoir si l’on a un diastasis ?
Allongée sur le dos, genoux pliés, posez les doigts à plat sur la ligne médiane, au-dessus puis au-dessous du nombril, et relevez légèrement la tête et les épaules. Si vos doigts s’enfoncent dans un sillon entre deux bandes musculaires, l’écart peut être un diastasis. Le diagnostic se fait en consultation, par l’examen ; une échographie mesure l’écart et recherche une hernie.
Diastasis des grands droits : muscles écartés et correction
Rééducation ou chirurgie ?
Après un accouchement, l’écart se réduit souvent de lui-même. Dans une étude norvégienne qui a suivi 300 femmes après leur premier accouchement, un diastasis était présent chez 60 % d’entre elles à 6 semaines, 45 % à 6 mois et 33 % à 12 mois (Sperstad et al., British Journal of Sports Medicine, 2016). La même étude n’a pas trouvé plus de douleurs lombo-pelviennes à un an chez les femmes qui gardaient un diastasis.
D’où la démarche retenue à la clinique :
- Rééducation abdominale et périnéale encadrée par un kinésithérapeute en première intention, surtout pour un écart modéré et récent. L’article le sport peut-il réparer un diastasis ? détaille ce qui aide et ce qui aggrave.
- Chirurgie quand le diastasis persiste malgré une rééducation bien conduite, gêne au quotidien, s’accompagne d’une hernie ou d’un excès de peau, en général après 6 à 12 mois de rééducation.
Mieux vaut opérer une fois le projet de grossesse terminé : une nouvelle grossesse peut rouvrir l’écart.
La consultation
Le Dr Edery mesure l’écart, examine la peau, la graisse et le nombril, recherche une hernie et vous interroge sur vos grossesses, votre poids et vos gênes. Une échographie de la paroi peut être demandée. Il vous propose ensuite une technique et vous montre la cicatrice prévue. Un devis vous est remis, suivi d’un délai de réflexion de 15 jours (article L6322-2 du Code de la santé publique).
Avant l’intervention : bilan sanguin, consultation d’anesthésie, arrêt du tabac, arrêt de l’aspirine et des anti-inflammatoires en accord avec le médecin.
Comment se déroule l’intervention ?
L’intervention se déroule sous anesthésie générale et dure 2 à 3 heures. Le chirurgien rapproche les deux muscles grands droits et les suture le long de la ligne blanche ; la voie d’abord dépend de l’excès de peau (voir les techniques ci-dessous). L’hospitalisation est courte, parfois en ambulatoire selon les situations.
Quelle technique opératoire ?
| Technique | Pour qui | Cicatrice |
|---|---|---|
| Plicature au cours d’une abdominoplastie | Diastasis avec excès de peau du ventre (le cas le plus fréquent après grossesse) | Horizontale, basse, au-dessus du pubis, et autour du nombril |
| Plicature au cours d’une mini-abdominoplastie | Excès de peau limité sous le nombril | Plus courte, au-dessus du pubis |
| Réparation mini-invasive (cœlioscopie, techniques endoscopiques) | Diastasis isolé, sans excès de peau | Petites incisions |
Dans tous les cas, le chirurgien rapproche les deux muscles et suture la ligne blanche sur toute sa hauteur, du sternum au pubis, avec des fils solides. Une lipoaspiration des flancs peut être associée. La voie mini-invasive reste moins courante et plus complexe : sa faisabilité se discute au cas par cas en consultation.
Quel résultat attendre ?
Le ventre est plus plat et la paroi plus tenue dès que le gonflement diminue. Le résultat se juge après plusieurs mois, le temps que l’œdème disparaisse et que la paroi cicatrise ; il est stable tant que le poids reste stable et en l’absence de nouvelle grossesse. Les cicatrices dépendent de la technique : celles de l’abdominoplastie s’atténuent sur 12 à 18 mois.
Avant / après : patients du Dr Edery









Photos publiées par le médecin sur son compte Instagram. Chaque résultat est propre à un patient et ne préjuge pas du vôtre.
Comment se passe la récupération ?
Le ventre est « serré » les 7 à 10 premiers jours : c’est la sensation la plus marquante. Les antalgiques prescrits la soulagent. On marche légèrement penché en avant les premiers jours.
- Gaine abdominale : pendant plusieurs semaines, selon la durée indiquée par le chirurgien.
- Marche : dès le lendemain, pour prévenir la phlébite.
- Travail : reprise selon l’activité professionnelle et le geste réalisé.
- Port de charges et efforts : à éviter pendant au moins un mois.
- Abdominaux : reprise progressive et encadrée, pas avant 8 semaines.
Quels risques faut-il prévoir ?
- Hématome, infection, retard de cicatrisation (plus fréquent chez les fumeuses).
- Accumulation de lymphe (sérome), parfois ponctionnée.
- Troubles de la sensibilité de la peau du ventre, le plus souvent transitoires.
- Phlébite et embolie pulmonaire, prévenues par le lever précoce, les bas et l’anticoagulant si besoin.
- Récidive de l’écart, surtout en cas de nouvelle grossesse ou de prise de poids.
Combien coûte la réparation d’un diastasis ?
À visée esthétique, la cure de diastasis n’est pas prise en charge. Une prise en charge partielle peut être demandée par entente préalable quand elle s’associe à une hernie ou à un tablier abdominal qui recouvre le pubis ; le médecin-conseil décide. Les dépassements d’honoraires restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle.
Le diastasis est le plus souvent corrigé au cours d’une abdominoplastie, proposée à partir de 6 500 € (voir nos tarifs). Cure de diastasis isolée : sur devis, après consultation.
Questions fréquentes sur le diastasis des grands droits
Qu’est-ce que le diastasis des grands droits ?
Un écartement des deux muscles grands droits du ventre, le long de la ligne blanche, qui fait bomber le ventre au milieu.
Comment le diagnostiquer ?
Par l’examen : allongée, tête relevée, le médecin mesure l’écart au-dessus et au-dessous du nombril. Une échographie le mesure précisément.
La rééducation peut-elle suffire ?
Souvent, oui, après une grossesse : l’écart régresse chez une partie des femmes dans l’année. La chirurgie se discute s’il persiste malgré une rééducation bien conduite.
Faut-il obligatoirement une abdominoplastie ?
Non, mais c’est le cas le plus fréquent, car elle donne accès aux muscles et retire la peau en excès. Sans excès de peau, une voie mini-invasive peut parfois se discuter.
Quelles sont les suites ?
Ventre serré 7 à 10 jours, gaine pendant plusieurs semaines, arrêt de travail selon l’activité, abdominaux repris progressivement après 8 semaines au moins.
Peut-on avoir un enfant après ?
Oui, mais une grossesse peut recréer un diastasis : mieux vaut opérer une fois le projet de grossesse terminé.
Le diastasis touche-t-il les hommes ?
Oui, plus rarement, souvent au-dessus du nombril. La démarche est la même.
La cure de diastasis est-elle remboursée ?
Partiellement, sur entente préalable, en cas de hernie associée ou de tablier abdominal. Sinon, elle est considérée comme esthétique.






