Êtes-vous concerné par une gynécomastie ?
La gynécomastie est une augmentation du volume de la poitrine chez l’homme. Elle peut toucher un seul côté ou les deux. Trois formes sont à distinguer, parce qu’elles ne se traitent pas de la même façon :
- la gynécomastie vraie (glandulaire) : la glande mammaire s’est développée ; on sent sous l’aréole une masse ferme et élastique, parfois sensible ;
- l’adipomastie : l’excès est fait de graisse, souple au toucher, souvent dans un contexte de surpoids ;
- les formes mixtes, où glande et graisse sont associées.
Pour apprendre à faire la différence, voir adipomastie ou gynécomastie : comment faire la différence et glande ou graisse : la différence au toucher.
La gêne est le plus souvent esthétique et psychologique : t-shirts ajustés évités, piscine ou plage redoutées, posture voûtée pour cacher la poitrine. Elle peut être physique, avec une sensibilité ou une douleur de l’aréole.
Les causes à rechercher
Chez beaucoup d’hommes, aucune cause n’est retrouvée. D’autres fois, la gynécomastie est liée à :
- la puberté : une gynécomastie de l’adolescent est fréquente et régresse souvent d’elle-même ;
- un déséquilibre entre hormones masculines et féminines, notamment avec l’âge ;
- certains médicaments, les stéroïdes anabolisants, le cannabis ;
- plus rarement, une maladie hormonale, du foie, des reins ou une tumeur du testicule.
C’est pourquoi la chirurgie ne se discute qu’après un bilan. Traiter la cause passe avant l’opération.
Les signes qui demandent un avis rapide
Certains signes sortent du tableau habituel de la gynécomastie. Ils justifient un examen médical sans attendre, avant tout projet de chirurgie :
- une masse dure, irrégulière ou fixée, décentrée par rapport à l’aréole ;
- un écoulement par le mamelon, surtout s’il contient du sang ;
- une peau rétractée ou un mamelon qui se creuse ;
- un ganglion palpable dans l’aisselle ;
- une augmentation de volume rapide d’un seul côté.
Le cancer du sein de l’homme est rare, mais ces signes doivent être examinés par un médecin.
Quand opérer ?
L’intervention se discute après la fin de la puberté, le plus souvent à partir de 18 ans, sur une poitrine stable depuis au moins un an et un poids stable. Chez l’adolescent, une surveillance est préférable : la gynécomastie pubertaire disparaît souvent seule. Le sport ne fait pas disparaître la glande : voir le sport peut-il corriger une gynécomastie ? et peut-on traiter une gynécomastie sans chirurgie ?.
Comment se passe la première consultation ?
La première consultation avec le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien, permet d’examiner le thorax : part de glande et de graisse, qualité et excès de peau, taille et position des aréoles, symétrie. Il vous interroge sur vos traitements, votre consommation de produits, votre poids et votre sport. Le bilan est prescrit si vous ne l’avez pas encore fait. Les options techniques, les cicatrices et les suites vous sont expliquées, et un devis vous est remis.
Glande ou graisse, comment faire la différence ?
Au toucher, la glande forme sous l’aréole une masse ferme et élastique ; la graisse est souple et plus étalée sur le thorax. L’examen ne suffit pas toujours à trancher, surtout dans les formes mixtes. L’échographie des seins confirme alors ce que le chirurgien a palpé. La distinction a deux conséquences : elle décide du geste, et seule l’exérèse de la glande peut être prise en charge par l’Assurance maladie.
Comment se passe l’opération ?
Le bilan avant l’intervention
- Échographie des seins, parfois mammographie : elle confirme la présence de glande et la distingue de la graisse. C’est aussi elle qui conditionne la prise en charge.
- Prise de sang hormonale : elle recherche un déséquilibre traitable. Une échographie des testicules peut être demandée selon l’examen.
- Consultation d’anesthésie et bilan sanguin préopératoire.
- Tabac : arrêt complet recommandé au moins un mois avant l’opération et jusqu’à cicatrisation (fiches d’information de la SOFCPRE).
- Médicaments : anticoagulants, aspirine et anti-inflammatoires se discutent avec le chirurgien et l’anesthésiste.
- Boléro de compression prescrit avant l’opération.
Quel geste pour quelle forme ?
L’opération a lieu au bloc opératoire, le plus souvent sous anesthésie générale ; une anesthésie locale peut suffire pour une petite forme. Elle dure une à deux heures selon la technique. Le geste dépend de la forme :
- Adipomastie : liposuccion seule, par de petites incisions de quelques millimètres.
- Gynécomastie glandulaire ou mixte : retrait de la glande par une incision au bord inférieur de l’aréole, à la limite de la peau pigmentée, le plus souvent associé à une liposuccion pour adoucir la transition avec le reste du thorax.
- Grand excès de peau (gynécomastie très volumineuse, perte de poids importante) : la peau en trop est retirée et l’aréole remontée, au prix de cicatrices plus longues autour de l’aréole et parfois horizontales sous le relief pectoral.
Le muscle pectoral n’est pas touché : la glande et la graisse se trouvent devant lui. Le chirurgien laisse volontairement une fine épaisseur de tissu sous l’aréole, car une exérèse trop complète creuse le thorax à cet endroit. Doser ce qu’on retire est l’un des points délicats de l’intervention.
Résultats et cicatrices au fil des mois
Le torse paraît plus plat dès les premières semaines. L’œdème met plusieurs mois à disparaître et la peau se rétracte progressivement : le résultat se juge vers 3 à 6 mois.
Les cicatrices de liposuccion sont très courtes. La cicatrice au bord de l’aréole suit la limite de couleur et devient en général discrète ; elle reste rosée les premiers mois avant de blanchir. Quand de la peau a été retirée, les cicatrices sont plus longues et plus visibles. Protégez-les du soleil pendant au moins un an.
La glande retirée ne se reforme pas en principe, mais une récidive reste possible si la cause persiste (médicaments, anabolisants, cannabis) ou en cas de prise de poids importante, qui regonfle surtout la part graisseuse.
Gynécomastie : ce qui est retiré, ce qui reste en place
Avant / après : patients du Dr Edery












Photos publiées par le médecin sur son compte Instagram. Chaque résultat est propre à un patient et ne préjuge pas du vôtre.
Combien de temps pour récupérer ?
- Douleur : tension et courbatures du thorax les premiers jours, calmées par des antalgiques simples.
- Œdème et ecchymoses : habituels, ils diminuent en quelques semaines. Des zones de peau peuvent sembler cartonnées ou moins sensibles pendant un temps.
- Boléro de compression : jour et nuit pendant 4 à 6 semaines.
- Travail : reprise vers 7 à 10 jours pour un poste sans effort physique.
- Sport : marche rapidement ; sport après 4 à 6 semaines, et plus tard pour les exercices qui sollicitent les pectoraux, selon l’avis du chirurgien.
- Bain, piscine, mer : pas avant la cicatrisation complète.
- Suivi : consultations de contrôle pour surveiller la cicatrisation et le contour du thorax.
Quand appeler sans attendre ?
Prévenez le chirurgien si un côté gonfle brusquement et devient tendu ou violacé, ce qui peut traduire un hématome. Appelez aussi en cas de fièvre, de rougeur chaude, d’écoulement par une cicatrice, ou si la douleur augmente au lieu de diminuer au fil des jours. Un gonflement souple et modéré qui persiste quelques semaines correspond le plus souvent à l’œdème ou à un sérome ; le chirurgien l’évalue en consultation.
Quels risques faut-il connaître ?
Ils vous sont expliqués en consultation :
- hématome, qui peut demander un geste de drainage ;
- sérome (collection de liquide) ;
- infection ;
- retard de cicatrisation, cicatrice épaisse ;
- irrégularités du contour ou creux sous l’aréole si trop de tissu est retiré, asymétrie résiduelle ;
- troubles de la sensibilité de l’aréole, en général transitoires ;
- récidive si la cause persiste.
Une retouche peut être proposée si le résultat reste incomplet après stabilisation.
Combien coûte une cure de gynécomastie, et est-elle remboursée ?
Ce que prend en charge l’Assurance maladie
Le retrait chirurgical de la glande (« exérèse de gynécomastie », actes CCAM QEFA002 pour les deux côtés et QEFA011 pour un côté) peut être pris en charge. La nomenclature précise l’indication : une intervention « réalisée après bilan endocrinien, après la puberté, pour gynécomastie accusée, pouvant poser un problème d’ordre sexuel ou psychologique (en particulier gynécomastie asymétrique, douloureuse, avec distension aréolaire) » (fiche de l’acte sur ameli.fr). L’acte n’est pas soumis à une demande d’accord préalable.
La liposuccion seule, pour une adipomastie, ou un geste uniquement sur la peau relèvent de la chirurgie esthétique : ils ne sont pas remboursés.
| Geste | Assurance maladie | Dépassements d’honoraires |
|---|---|---|
| Retrait de la glande, un côté (QEFA011) ou les deux (QEFA002) | Peut être pris en charge, sans accord préalable, si l’indication de la nomenclature est remplie | À votre charge ; votre complémentaire peut en couvrir une partie |
| Liposuccion seule (adipomastie) | Non remboursée | Totalité à votre charge, sur devis |
| Geste uniquement sur la peau | Non remboursé | Totalité à votre charge, sur devis |
Ce qui reste à votre charge
Même quand l’exérèse est remboursée, les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste restent à votre charge. L’Assurance maladie ne les rembourse pas ; votre complémentaire santé peut en couvrir une partie. Envoyez-lui le devis.
Prix
Cure de gynécomastie : sur devis, après consultation, selon la forme et les gestes nécessaires (liposuccion, exérèse, peau). Tous les tarifs de chirurgie des seins sont sur la page tarifs et honoraires.
Sources
- CCAM, acte QEFA002 « Exérèse bilatérale de gynécomastie », indication et absence d’accord préalable, ameli.fr.
- SOFCPRE, fiches d’information patients, sofcpre.fr.
Questions fréquentes sur la gynécomastie
Qu’est-ce que la gynécomastie ?
Un développement de la glande mammaire chez l’homme, qui donne une poitrine d’aspect féminin. Quand l’excès est fait de graisse, on parle d’adipomastie ; les deux sont souvent associés.
Quelles sont les causes de la gynécomastie ?
Souvent aucune cause n’est trouvée. Les causes connues sont la puberté, un déséquilibre hormonal, certains médicaments, les anabolisants, le cannabis et, plus rarement, une maladie. Un bilan est fait avant toute chirurgie.
Qui consulter pour une gynécomastie ?
Votre médecin traitant ou un endocrinologue pour le bilan, puis un chirurgien plasticien pour l’opération. Le Dr Nathanel Edery reçoit à la Clinique Spontini, 76 rue Spontini, Paris 16e ; son parcours est sur la page du Dr Edery.
La musculation peut-elle faire disparaître une gynécomastie ?
Non pour la glande : elle se trouve au-dessus du muscle pectoral, qui peut même la projeter davantage. Perdre du poids réduit en revanche la part graisseuse.
La gynécomastie est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?
Le retrait de la glande peut l’être, sans accord préalable, quand la gynécomastie est confirmée et gênante après la puberté et après un bilan hormonal. La liposuccion seule ne l’est pas. Les dépassements d’honoraires restent à votre charge.
La mutuelle rembourse-t-elle les dépassements ?
Cela dépend de votre contrat. Le devis remis en consultation sert à le lui demander.
Comment se déroule l’intervention ?
Le plus souvent sous anesthésie générale, en une à deux heures. Liposuccion par de petites incisions, retrait de la glande par une incision au bord de l’aréole, ou les deux.
Combien de temps porter le boléro ?
Jour et nuit pendant 4 à 6 semaines.
Quand reprendre le travail et le sport ?
Le travail vers 7 à 10 jours, le sport après 4 à 6 semaines, la musculation des pectoraux plus tard, selon l’avis du chirurgien.
La gynécomastie peut-elle revenir après l’opération ?
Une récidive reste possible si la cause persiste ou après une prise de poids importante, même si la glande retirée ne se reforme pas en principe.
À partir de quel âge peut-on opérer ?
Le plus souvent après 18 ans, une fois la puberté terminée et la poitrine stable depuis au moins un an.
Quelles sont les contre-indications ?
Une cause médicale non explorée ou non traitée, une obésité non stabilisée, un tabagisme non interrompu, un trouble de la coagulation.
Peut-on n’opérer qu’un seul côté ?
Oui. La gynécomastie peut ne toucher qu’un côté, et la nomenclature de l’Assurance maladie prévoit un acte pour un seul côté (QEFA011). Le chirurgien règle alors le geste sur le côté non opéré pour garder un thorax symétrique.
La gynécomastie peut-elle cacher un cancer du sein ?
C’est rare. Une masse dure ou fixée, décentrée par rapport à l’aréole, un écoulement par le mamelon, une peau rétractée ou un ganglion dans l’aisselle doivent pourtant être examinés avant toute chirurgie, et le bilan d’imagerie fait avant l’opération y contribue.
Les cicatrices se voient-elles ?
Celles de la liposuccion mesurent quelques millimètres. Celle du retrait de la glande suit le bord inférieur de l’aréole, à la limite de la peau pigmentée ; rosée les premiers mois, elle blanchit ensuite. Elles sont plus longues quand de la peau doit être retirée.










