Retirer une lésion de la peau laisse une perte de substance, c’est-à-dire un manque de peau, parfois de graisse ou de cartilage. Sur le corps, une suture suffit souvent. Au visage, la même perte de quelques millimètres peut tirer sur une paupière, déformer une narine ou décaler la lèvre. La reconstruction consiste à refermer ce défaut en respectant les reliefs, la couleur de la peau et la fonction de la zone : fermer l’œil, respirer par le nez, parler, sourire.
À la Clinique Spontini, 76 rue Spontini à Paris 16e, l’exérèse et la reconstruction sont réalisées par le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique (RPPS 10102261806), titulaire d’un diplôme universitaire en techniques microchirurgicales et assistant spécialiste au Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph. La reconstruction est prévue dès la consultation, en même temps que le retrait de la lésion. Pour l’ensemble des actes sur la peau, voir la chirurgie dermatologique à Paris 16e.
Dans quels cas une reconstruction est-elle nécessaire ?
Elle concerne les patients chez qui une lésion du visage doit être retirée ou vient de l’être, quand la plaie ne peut pas être refermée simplement sans déformer un trait. Les situations les plus fréquentes sont les cancers de la peau :
- le carcinome basocellulaire, le plus fréquent, qui siège surtout au visage ;
- le carcinome épidermoïde, dont l’exérèse emporte une marge de peau saine ;
- le mélanome, après l’exérèse élargie avec marges de sécurité.
Une lésion bénigne volumineuse ou mal placée (grain de beauté, kyste) peut aussi laisser un défaut qui demande un lambeau ou une greffe. La demande est souvent fonctionnelle et esthétique à la fois. La faisabilité dépend de l’état général, des traitements en cours (anticoagulants notamment), du tabac et des antécédents sur la zone, comme une radiothérapie ou une chirurgie antérieure. Le point de départ commun à ces situations est décrit sur la page chirurgie des cancers cutanés.
Reconstruction faciale : les zones les plus délicates
Ce que le chirurgien évalue en consultation
Le Dr Edery examine la lésion ou la cicatrice, mesure la zone à retirer et regarde ce que la peau voisine peut offrir : sa souplesse, son épaisseur, les plis naturels dans lesquels une cicatrice se cache le mieux. Si le diagnostic n’est pas établi, une biopsie cutanée peut être faite avant de planifier le geste. Il vous explique les options possibles, la cicatrice que chacune laissera, ses limites, et pourquoi il en propose une plutôt qu’une autre.
Apportez le compte rendu de biopsie ou d’anatomopathologie si vous l’avez, la liste de vos traitements, et signalez votre consommation de tabac. Le chirurgien travaille avec votre dermatologue et avec l’anatomopathologiste, le médecin qui analyse la pièce retirée et vérifie que les bords sont sains. Un devis vous est remis à l’issue de la consultation.
Reconstruire le jour de l’exérèse ou attendre l’analyse ?
Pour une lésion bénigne ou un carcinome bien limité, la reconstruction se fait le plus souvent dans le même temps opératoire que l’exérèse. Quand les limites de la tumeur sont floues, comme dans les formes infiltrantes, ou quand la zone est délicate, le chirurgien peut procéder en deux temps : il retire la lésion, couvre provisoirement la plaie, attend que le laboratoire confirme que les bords sont sains, puis reconstruit. Dermato-INFO, le site d’information de la Société française de dermatologie, décrit cette chirurgie en deux temps, ainsi que la technique de Mohs, qui contrôle les bords au microscope pendant l’intervention.
Pour un mélanome, l’exérèse élargie et sa fermeture viennent après le résultat de la première exérèse, qui fixe la marge à respecter (Institut national du cancer, l’exérèse élargie). Les reconstructions étendues du nez, des paupières ou des lèvres peuvent demander plusieurs temps opératoires, planifiés dès la première consultation.
Quelle technique, sous quelle anesthésie ?
Anesthésie et durée
La plupart des reconstructions du visage se font sous anesthésie locale. Une sédation, qui vous détend sans vous endormir complètement, peut s’y ajouter. Une anesthésie locorégionale ou générale est proposée pour les reconstructions étendues ou longues. Une petite suture dure moins d’une heure, exérèse comprise ; une reconstruction étendue par lambeau ou greffe demande de une à trois heures selon la perte de substance et la technique. Le retour à domicile se fait le plus souvent le jour même ; une hospitalisation courte peut être proposée dans certaines situations.
Principes techniques
Le chirurgien choisit la solution la plus simple qui respecte la fonction et l’aspect de la zone. Il dispose de quatre options.
| Technique | Principe | Quand on la choisit |
|---|---|---|
| Suture directe | Les bords de la plaie sont rapprochés et cousus, la cicatrice étant orientée dans les lignes de tension de la peau. | Petite perte de substance, peau souple autour (front, joue, cuir chevelu). |
| Lambeau local | Une peau voisine est déplacée pour couvrir le défaut en gardant sa propre vascularisation : lambeau d’avancement, de rotation ou de transposition. | Défaut trop large pour une suture, sur une zone où une suture déformerait un trait (nez, paupière, lèvre). |
| Greffe de peau | Un fragment de peau prélevé ailleurs est posé sur la plaie, en peau totale le plus souvent au visage. | Défaut superficiel et large, quand la peau voisine manque. |
| Cicatrisation dirigée | La plaie se referme seule, sous pansements adaptés, renouvelés jusqu’à la fermeture. | Certaines petites pertes de substance, au cas par cas. |
Les délais de fermeture ne sont pas les mêmes. Selon Dermato-INFO (Société française de dermatologie), une suture simple cicatrise en une semaine à dix jours, un lambeau en trois semaines environ, une greffe en deux mois environ, et une cicatrisation naturelle sous pansements gras en deux à deux mois et demi. Pour les pertes plus importantes, un lambeau pédiculé prélevé à distance peut être discuté. La greffe de peau se fait en peau mince ou en peau totale ; au visage, la peau totale, prélevée derrière l’oreille ou au-dessus de la clavicule, se rétracte moins et sa couleur est plus proche.
Ce qui guide le choix
- la taille et la profondeur de la perte de substance, et ce qu’elle expose (cartilage, muscle) ;
- la zone du visage et la fonction en jeu ;
- la peau disponible à proximité et sa souplesse ;
- les antécédents de radiothérapie ou de chirurgie sur la zone, qui fragilisent la vascularisation ;
- le tabac et l’état général ;
- le résultat que vous attendez, discuté franchement en consultation.
Les zones du visage les plus délicates
Le visage se divise en unités esthétiques (nez, paupières, lèvres, joues, front, oreilles), séparées par des plis et des reliefs. Le chirurgien place les incisions dans les lignes de tension, les plis naturels et les jonctions entre ces unités, là où l’œil les remarque le moins.
- Nez : peau fine sur l’arête, épaisse sur la pointe, cartilage dessous ; le défaut est souvent refermé par un lambeau de peau voisine ou par une greffe de peau totale.
- Paupières : la reconstruction doit préserver la fermeture de l’œil et éviter que la paupière inférieure ne se retourne vers l’extérieur.
- Lèvres : le muscle qui ferme la bouche et la sensibilité sont en jeu, ainsi que la ligne qui sépare la lèvre rouge de la peau.
- Oreilles : le cartilage donne le relief du pavillon et doit être couvert.
- Front, joues, cuir chevelu : une suture directe suffit souvent, grâce à la souplesse de la peau.
En dehors du visage
Les mêmes techniques servent à refermer une perte de peau sur le tronc ou les membres, après l’exérèse d’une lésion, une plaie ou une brûlure. Les fils y restent plus longtemps qu’au visage et les zones de pli demandent des précautions particulières. Voir la greffe de peau à Paris 16e, le traitement des séquelles de brûlures et la chirurgie des cicatrices.
Les premiers jours après l’intervention
La zone reste gonflée et parfois bleutée pendant les premiers jours, surtout autour des yeux. La douleur est en général modérée et soulagée par des antalgiques simples. Après une greffe, un pansement serré, le bourdonnet, maintient la peau greffée contre son support jusqu’au premier contrôle ; après un lambeau, le chirurgien vérifie sa coloration et sa vascularisation dans les premiers jours. Des soins locaux vous sont prescrits, avec un calendrier précis.
- Fils : retirés vers le 7e jour au visage (entre J5 et J7 selon la zone), entre J10 et J14 sur le corps.
- Vie sociale : possible en général après deux à trois semaines, avec maquillage une fois la peau fermée.
- Efforts et sport : repris progressivement, après accord du chirurgien, surtout après un lambeau ou une greffe.
- Tabac : il gêne la vascularisation du lambeau et la prise de la greffe ; parlez-en avant l’intervention.
- Soleil : protection stricte de la cicatrice pendant au moins douze mois.
Le suivi est rapproché les premiers jours, puis s’espace. Le résultat de l’analyse anatomopathologique est revu avec vous lors d’un contrôle. En cas de cancer cutané, votre dermatologue assure ensuite la surveillance de la peau.
Comment la cicatrice évolue-t-elle ?
La cicatrice est rosée et un peu ferme les premières semaines, puis elle s’éclaircit et s’assouplit pendant six à douze mois. Une greffe de peau continue de changer de couleur et de souplesse plus longtemps, jusqu’à dix-huit mois. Le gonflement d’un lambeau met plusieurs mois à se résorber. Il faut donc attendre au moins un an avant de juger l’aspect de la reconstruction.
Le but est un visage d’aspect naturel, avec une fonction préservée et des cicatrices aussi discrètes que la zone le permet. Une cicatrice reste toujours visible de près, et une différence de teinte ou de relief peut persister, surtout après une greffe. Une fois la cicatrice mûre, une retouche peut améliorer le résultat : reprise chirurgicale, injection de corticoïde dans une cicatrice épaisse ou radiofréquence microneedling. Ces gestes sont décrits sur la page chirurgie des cicatrices pathologiques.
Hématome, lambeau, ce qui peut se compliquer
Comme toute chirurgie, la reconstruction expose à des complications, que le Dr Edery vous détaille en consultation :
- saignement ou hématome sous la suture, le lambeau ou la greffe ;
- infection ;
- désunion de la cicatrice ou retard de cicatrisation ;
- souffrance ou nécrose partielle d’un lambeau, non-prise partielle d’une greffe ;
- cicatrice élargie, épaisse (hypertrophique) ou différence de couleur ;
- rétraction qui tire sur un bord libre : paupière inférieure qui se retourne (ectropion), narine rétrécie, lèvre déviée ;
- asymétrie ou résultat esthétique insuffisant, pouvant conduire à une retouche.
Le tabac, le diabète, les troubles de la circulation et une irradiation antérieure de la zone augmentent ces risques. Si l’analyse montre que la lésion n’a pas été retirée en entier, une reprise chirurgicale est proposée avant de terminer la reconstruction.
Quel coût, et quel remboursement ?
Le prix est donné sur devis, après consultation : il dépend de la taille du défaut, de la technique et du nombre de temps opératoires. Quand l’indication est réparatrice, notamment après l’exérèse d’un cancer cutané, l’intervention est prise en charge par l’Assurance maladie, sur la base du tarif de la Sécurité sociale. Le devis précise un éventuel complément d’honoraires. Un geste à visée purement esthétique reste à votre charge. Voir aussi les tarifs et honoraires de la clinique.
Questions fréquentes sur la reconstruction faciale après exérèse
Qu’est-ce que la reconstruction faciale après exérèse ?
C’est la réparation chirurgicale du visage après le retrait d’une lésion de la peau, cancer cutané ou tumeur bénigne. Le chirurgien plasticien referme le défaut par une suture, un lambeau ou une greffe, en préservant l’aspect et la fonction de la zone.
La reconstruction se fait-elle en même temps que l’exérèse ?
Le plus souvent, oui. Quand les limites de la tumeur sont incertaines ou pour un mélanome, la reconstruction peut attendre la confirmation par le laboratoire que les bords sont sains.
Faut-il une greffe après l’exérèse d’un carcinome du nez ?
Pas toujours. Selon la taille, la profondeur et le siège du défaut, le chirurgien choisit une suture, un lambeau de peau voisine ou une greffe de peau totale prélevée derrière l’oreille ou au-dessus de la clavicule.
Quelle différence entre un lambeau et une greffe de peau ?
Le lambeau est une peau voisine déplacée qui reste reliée à sa circulation : il apporte de l’épaisseur et une couleur proche. La greffe est un fragment de peau détaché, prélevé ailleurs, qui doit se revasculariser sur place.
Les cicatrices de reconstruction faciale sont-elles visibles ?
Une cicatrice reste visible de près. Le chirurgien la place dans les plis et les lignes de tension, et elle s’atténue pendant six à douze mois ; une retouche reste possible ensuite, par reprise chirurgicale ou injection de corticoïde dans une cicatrice épaisse.
La reconstruction faciale est-elle douloureuse ?
L’intervention se fait sous anesthésie. Ensuite, la douleur est en général modérée et soulagée par des antalgiques simples ; le gonflement et les ecchymoses, plus marqués près des yeux, sont la principale gêne des premiers jours.
Combien de temps durent les suites ?
Les fils sont retirés vers le 7e jour au visage. La vie sociale reprend en général après deux à trois semaines, et la cicatrice continue d’évoluer pendant six à douze mois, plus longtemps après une greffe.
La reconstruction faciale après un cancer est-elle remboursée ?
Oui, quand l’indication est réparatrice : l’Assurance maladie la prend en charge sur la base du tarif de la Sécurité sociale. Le devis remis en consultation précise un éventuel complément d’honoraires.
Le tabac pose-t-il un problème ?
Oui. Il réduit la circulation dans la peau et gêne la survie d’un lambeau ou la prise d’une greffe. Signalez-le en consultation pour que le chirurgien en tienne compte dans le choix de la technique.
Qui pratique la reconstruction à la Clinique Spontini ?
Le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique, réalise l’exérèse et la reconstruction, en lien avec votre dermatologue et le laboratoire d’anatomopathologie.






