La reconstruction du mamelon et de l’aréole (la plaque aréolo-mamelonnaire) termine le parcours de reconstruction après une mastectomie. Le volume du sein est déjà reconstruit, par prothèse, par lambeau ou par greffe de graisse ; il reste à recréer un relief au centre du sein et une aréole colorée, en symétrie avec l’autre côté. Le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique, vous reçoit à la Clinique Spontini, 76 rue Spontini, Paris 16e. Pour les étapes précédentes, voir la reconstruction mammaire après un cancer.
Êtes-vous concernée par une reconstruction du mamelon ?
Elle s’adresse aux patientes qui ont eu une ablation du sein, totale ou partielle, pour un cancer ou à titre préventif, et dont le sein reconstruit a atteint une forme stable. Elle peut suivre une reconstruction immédiate ou différée. L’indication dépend de l’état de la peau, des traitements reçus, en particulier la radiothérapie, et de vos souhaits : certaines patientes préfèrent une aréole tatouée seule, d’autres ne souhaitent pas de reconstruction du mamelon. Ce choix vous appartient ; la HAS propose un document d’aide à la décision sur les options après mastectomie (HAS).
Rien ne vous oblige à décider vite. La reconstruction du mamelon peut se faire des mois ou des années après celle du sein, ou ne jamais se faire. En attendant, ou à la place, il existe des aréoles adhésives, de formes et de teintes variées.
Que se passe-t-il en consultation avant l’intervention ?
Ce que le chirurgien examine
La consultation évalue la qualité de la peau du sein reconstruit, sa vascularisation, les cicatrices et la position du futur mamelon par rapport à l’autre sein. Le Dr Edery repère avec vous l’emplacement, le diamètre et la teinte de la future aréole, en prenant l’autre côté comme modèle. Après une mastectomie des deux seins, il n’y a pas de modèle : l’emplacement des deux aréoles est fixé par des mesures prises sur le thorax, pour qu’elles soient symétriques. Des examens complémentaires ne sont demandés que si votre situation le justifie.
Le choix de la technique et le calendrier
Les techniques possibles, leurs limites et leurs suites vous sont expliquées, avec le calendrier : reconstruction du relief d’abord, dermopigmentation de l’aréole ensuite, une fois la cicatrisation acquise. Un devis vous est remis.
Reconstruction du mamelon : repères et zones recréées
Comment se passe l’intervention ?
Anesthésie, durée et sortie
L’intervention se fait sous anesthésie locale, parfois associée à une sédation, et dure en général 30 à 45 minutes. Vous repartez le jour même.
Quelles techniques pour le mamelon et l’aréole ?
- Le lambeau local : la peau du sein reconstruit est découpée selon un dessin précis (en étoile, par exemple), puis repliée sur elle-même pour former un relief.
- La greffe d’une partie du mamelon opposé : lorsque le mamelon restant est assez volumineux, une portion en est prélevée et greffée sur le sein reconstruit.
- La dermopigmentation (tatouage médical) : elle recrée la couleur de l’aréole, seule ou après la reconstruction du relief ; un tatouage en trompe-l’œil peut aussi donner l’illusion d’un relief sans chirurgie.
Il existe aussi une reconstruction de l’aréole par greffe de peau, prélevée au pli de l’aine ou à la face interne de la cuisse, où la peau est naturellement plus foncée (AP-HP). Quand la peau vient du pli de l’aine, la cicatrice fine du prélèvement se situe dans ce pli. La peau greffée reste souvent plus claire et moins rosée que l’aréole d’origine ; une dermopigmentation peut ensuite en ajuster la couleur. Les avantages et les inconvénients de la greffe par rapport au tatouage sont discutés en consultation.
Que fait exactement la dermopigmentation ?
La dermopigmentation réparatrice, ou tatouage médical, dépose un pigment dans le derme, la couche de la peau située sous l’épiderme, avec des aiguilles à usage unique (Assurance maladie). Elle colore l’aréole et peut dessiner le mamelon en trompe-l’œil. Elle doit être réalisée par un professionnel de santé formé à la technique.
Des tatoueurs proposent aussi un tatouage artistique dit 3D, qui n’est pas un acte médical ; seul le tatouage médical est pris en charge par l’Assurance maladie. Dans les deux cas, le pigment s’estompe avec le temps, ce qui demande des séances d’entretien (revue publiée dans PubMed Central).
Lambeau, greffe ou tatouage seul, comment choisir ?
Le choix dépend surtout de la peau du sein reconstruit et de la taille du mamelon restant. Votre envie de repasser ou non au bloc, après un parcours souvent long, compte autant. Le Dr Edery vous indique les options possibles dans votre cas ; le tableau résume les situations les plus courantes.
Dermopigmentation : où se dépose le pigment
| Votre situation | Options habituellement discutées |
|---|---|
| Un seul sein opéré, mamelon restant assez volumineux | Greffe d’une partie de ce mamelon, ou lambeau local ; aréole par dermopigmentation ou greffe de peau |
| Un seul sein opéré, mamelon restant petit | Lambeau local ; aréole par dermopigmentation ou greffe de peau |
| Mastectomie des deux seins | Lambeau local de chaque côté, ou dermopigmentation seule ; position des aréoles fixée par des mesures |
| Peau ayant reçu une radiothérapie | Technique choisie avec prudence, car la peau cicatrise moins bien ; la dermopigmentation seule peut être préférée |
| Vous ne souhaitez plus de chirurgie | Dermopigmentation seule, avec un mamelon dessiné en trompe-l’œil, ou aucune reconstruction |
Combien de temps pour cicatriser et reprendre vos activités ?
Douleur, pansements et suivi
Les suites sont en général peu douloureuses. Un pansement sec protège le mamelon reconstruit, qui ne doit pas être comprimé ; la cicatrisation demande 2 à 3 semaines. Le Dr Edery vous revoit pour surveiller la cicatrisation.
Après une greffe de peau pour l’aréole, les pansements durent environ 3 semaines et sont souvent faits par une infirmière à domicile ; l’AP-HP indique un arrêt de travail d’environ 7 jours après cette chirurgie (AP-HP). Après une dermopigmentation, la peau tatouée cicatrise en 3 à 4 semaines (Assurance maladie).
Reprise des activités
Les activités quotidiennes reprennent rapidement. Évitez les vêtements qui frottent ou compriment la zone et les efforts qui sollicitent directement la poitrine pendant les premières semaines.
Quels signes doivent vous faire appeler ?
Prévenez la clinique si la zone devient rouge, chaude ou gonflée, si la douleur augmente au lieu de diminuer, si un écoulement apparaît, si le mamelon reconstruit fonce ou noircit, ou en cas de fièvre. Ces signes peuvent traduire une infection ou une souffrance du lambeau, qui se prennent en charge plus facilement quand elles sont vues tôt.
Quels résultats attendre, et où restent les cicatrices ?
Comment le résultat évolue-t-il ?
Le relief est visible tout de suite. Il diminue en partie au fil des mois. La teinte de la dermopigmentation se stabilise en plusieurs mois ; une séance de retouche est parfois nécessaire. Le mamelon reconstruit n’a pas ou peu de sensibilité ; son rôle est l’aspect du sein.
Le rôle de la radiothérapie dans l’effacement du pigment reste discuté. Dans une étude britannique, 70 % des patientes irradiées puis tatouées ont eu du mal à garder le pigment et ont eu besoin de séances répétées ; une autre étude n’a pas retrouvé cet effet (PubMed Central).
Où se situent les cicatrices ?
Les cicatrices du lambeau local se situent dans la future aréole et sont en grande partie couvertes par la dermopigmentation. Après une greffe, une petite cicatrice reste sur le mamelon donneur. Leur aspect dépend aussi de la peau et des traitements reçus, en particulier la radiothérapie.
Quelles complications sont possibles ?
Les risques sont un retard de cicatrisation, une souffrance du lambeau qui peut faire perdre une partie du relief, une infection, une asymétrie de position ou de couleur, et une perte de projection avec le temps. Une peau qui a reçu de la radiothérapie cicatrise moins bien ; c’est l’un des critères du choix de la technique. Une retouche est possible si le relief ou la couleur ne conviennent pas.
Pour la dermopigmentation, dans une étude américaine, une radiothérapie antérieure et une reconstruction par prothèse placée devant le muscle pectoral (pré-pectorale) sont associées à un risque d’infection du sein plus élevé après le tatouage (PubMed Central). Une rougeur, une douleur ou un gonflement de la zone tatouée imposent de prévenir le professionnel qui l’a réalisée ; si l’infection s’étend ou si de la fièvre apparaît, consultez un médecin (Assurance maladie).
Combien coûte une reconstruction du mamelon et de l’aréole à Paris ?
Après un cancer du sein, la reconstruction, y compris celle de l’aréole et du mamelon, est prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie au titre de l’affection de longue durée (ALD), sur la base du tarif de la Sécurité sociale (Institut national du cancer). Des dépassements d’honoraires peuvent rester à votre charge ou à celle de votre complémentaire santé ; ils figurent sur le devis remis en consultation. L’intervention est chiffrée sur devis, après consultation.
Questions fréquentes sur la reconstruction du mamelon après mastectomie
La reconstruction du mamelon est-elle remboursée ?
Après un cancer du sein, elle est prise en charge à 100 % au titre de l’ALD, sur la base du tarif de la Sécurité sociale. Les éventuels dépassements d’honoraires figurent sur le devis.
Quand peut-on reconstruire le mamelon ?
Au moins 3 mois après la reconstruction du sein, souvent 3 à 6 mois, lorsque son volume et sa forme sont stables, pour placer le mamelon au bon endroit.
Quelles techniques existent ?
Le lambeau local de la peau du sein, la greffe d’une partie du mamelon opposé, et la dermopigmentation pour l’aréole, seule ou en complément.
L’intervention est-elle douloureuse ?
Elle se fait sous anesthésie locale et dure 30 à 45 minutes. Les suites sont en général peu douloureuses.
Le mamelon reconstruit est-il sensible ?
La sensibilité est absente ou très réduite. La reconstruction rend au sein son aspect ; elle ne rétablit pas les sensations.
Le relief se maintient-il dans le temps ?
La projection diminue en partie avec le temps. Une retouche ou une dermopigmentation complémentaire peut être proposée.
Peut-on se contenter d’un tatouage ?
Oui. La dermopigmentation seule recrée l’aréole, et un tatouage en trompe-l’œil peut imiter le relief du mamelon, sans chirurgie.
Combien de temps dure la cicatrisation ?
Deux à trois semaines, avec des soins simples : pansement sec et protection du mamelon contre les frottements.
Peut-on reconstruire le mamelon en même temps que le sein ?
Rarement. Il est préférable d’attendre que le sein soit stable, en général 3 à 6 mois, pour positionner le mamelon avec précision.
Faut-il refaire la dermopigmentation ?
Une retouche est parfois nécessaire, lorsque la teinte a évolué ou reste inégale une fois stabilisée.
Le tatouage 3D fait par un tatoueur est-il remboursé ?
Non. Seul le tatouage médical, réalisé par un professionnel de santé formé, est pris en charge par l’Assurance maladie. Le tatouage artistique dit 3D n’est pas un acte médical.
Comment reconstruire les mamelons après une mastectomie des deux seins ?
La greffe d’une partie du mamelon opposé n’est alors pas possible. Le relief est recréé par un lambeau local de chaque côté, ou dessiné par dermopigmentation seule, et la position des deux aréoles est fixée par des mesures pour qu’elles soient symétriques.
Peut-on reconstruire le mamelon après une radiothérapie ?
C’est possible, mais la peau irradiée cicatrise moins bien et retient parfois moins bien le pigment. Ce critère pèse dans le choix de la technique et peut faire préférer la dermopigmentation seule.
Combien de temps d’arrêt de travail faut-il prévoir ?
Environ une semaine après la reconstruction chirurgicale du mamelon et de l’aréole, à adapter à votre activité et à la technique. Le Dr Edery vous le précise en consultation.









