Un nez cassé se reconnaît à un saignement, une douleur et un gonflement qui apparaissent juste après un choc direct, mais seul l’examen d’un médecin confirme la fracture. La plupart du temps, elle guérit sans geste particulier. Ce qui compte, c’est de repérer les rares signes qui pressent, puis de savoir à quel moment une remise en place reste possible. Lorsqu’une déformation s’installe malgré tout, elle relève de la rhinoplastie, dont il sera question en fin de parcours.
Comment savoir si on a le nez cassé ?
On soupçonne un nez cassé devant des signes survenus après un choc direct, et seul l’examen d’un médecin permet de le confirmer. Les repères ci-dessous reprennent ceux du Manuel MSD.
Les signes qui évoquent une fracture
Un saignement de nez, un nez douloureux et enflé après un choc direct peuvent signaler une fracture. Des ecchymoses (bleus) apparaissent parfois autour des yeux. Le nez reste enflé pendant 3 à 5 jours ; une bosse ou une asymétrie constatée au début s’explique donc en partie par ce gonflement.
Une bosse sur le nez après un coup doit donc être réexaminée quand le gonflement est retombé. Pour un cartilage du nez qui serait cassé, il faut de la même façon se faire examiner.
Ces accidents sont fréquents. Les os du nez cèdent plus souvent que les autres os de la face, et les fractures nasales représentent 40 à 50 % des fractures du visage. Elles sont pourtant rarement graves.
Fracture du nez sans déplacement
La majorité des fractures du nez n’altèrent pas l’alignement : l’os est cassé, mais il reste à sa place. Elles ne nécessitent donc pas de réduction. En consultation, c’est souvent ce que les patients ont du mal à croire, et pourtant l’examen d’un professionnel reste nécessaire pour confirmer que le nez n’a pas bougé.
Faut-il une radio pour confirmer une fracture du nez ?
Non, dans la grande majorité des cas : le diagnostic est clinique, c’est-à-dire posé par l’examen. Pour la plupart des fractures des os du nez, l’examen médical, qui passe par la palpation et la recherche d’une mobilité anormale, est plus précis qu’une radiographie. La précision de celle-ci est insuffisante pour déterminer le traitement indiqué.
Un scanner du visage reste réservé aux cas où le chirurgien ORL dépiste des lésions associées, à la mâchoire, aux dents ou au crâne.
On peut s’adresser au médecin traitant ou à un ORL, et aux urgences si la douleur est vive ou la respiration gênée. Les Hôpitaux universitaires de Genève recommandent une évaluation spécialisée dans les 5 jours.
Que faire dans les premiers jours après un coup sur le nez ?
Il faut laisser le nez tranquille et soulager le gonflement. Pour cela, garder la tête surélevée au lit avec des oreillers supplémentaires aide à le réduire. Il suit ensuite son cours, car le nez reste enflé 3 à 5 jours.
- Se faire évaluer par un ORL dans les 5 jours suivant le choc, délai que recommandent les Hôpitaux universitaires de Genève.
- Ne jamais essayer de redresser soi-même un nez dont la forme a changé : cela relève d’une aide médicale.
- Éviter tout exercice intense pendant les 2 premières semaines.
- Ne pas reprendre de sport où le visage risque d’être touché avant au moins 6 semaines.
Hématome de cloison et autres complications à ne pas laisser passer
L’hématome de cloison est la complication à connaître. Du sang s’accumule sous la muqueuse qui recouvre le cartilage de la cloison, la paroi centrale du nez, et forme un bombement violacé. Ce gonflement à l’intérieur du nez peut être douloureux ou gêner la respiration.
Si du sang s’accumule sous la muqueuse qui recouvre le cartilage de la cloison, le cartilage peut se nécroser (mourir). Un hématome septal doit donc être drainé dès que possible. Quand la gêne respiratoire est très importante et liée à une douleur nasale intense, il est urgent de consulter un ORL pour écarter cette cause.
Une autre complication, plus rare encore, mérite d’être citée : un liquide clair et aqueux qui goutte du nez après le choc. Il peut signaler une fracture de la lame criblée, la fine paroi osseuse qui sépare le nez du cerveau, avec une fuite de liquide céphalorachidien et un risque de méningite ou d’abcès cérébral. Un tel écoulement relève des urgences.
Ces complications sont rares ; je les décris parce qu’elles justifient de ne pas banaliser un nez cassé.
Faut-il remettre le nez en place, et jusqu’à quand ?
Le plus souvent, non : la majorité des fractures du nez n’altèrent pas l’alignement et n’appellent pas de réduction, c’est-à-dire de remise en place. On y pense quand la déformation reste visible ou quand le nez ne laisse plus passer l’air correctement.
Pourquoi le délai compte
On attend d’abord que l’œdème baisse pour remettre en place les fragments d’os (la frise ci-dessous donne le calendrier). Il faut ensuite agir avant la formation du cal osseux, la soudure de l’os.
Les sources ne fixent pas la même limite. Le Manuel MSD indique 2 semaines, les Hôpitaux universitaires de Genève proposent un repositionnement sous anesthésie locale dans les 10 jours, et le système de santé britannique parle de 3 semaines. Une étude a d’ailleurs associé une intervention au-delà de 2 semaines à une moindre satisfaction des patients. C’est pourquoi je conseille de ne pas laisser passer la première semaine sans avis spécialisé.
Comment se déroule la remise en place
Chez l’adulte, la réduction se fait sous anesthésie locale ; chez l’enfant, une anesthésie générale peut être nécessaire. Le médecin repositionne les fragments à la main, puis maintient le résultat : un tamponnement interne reste en place 4 à 7 jours et une attelle externe 7 à 14 jours. Un plâtre classique n’est donc pas le principe.
Le résultat peut donc rester imparfait : la manipulation ne redonne pas toujours exactement l’aspect antérieur, mais elle aide souvent. Comme tout acte, il comporte des risques, et son indication se pose en consultation.
- Jour 0Le choc : saignement, douleur et gonflement.
- Jours 3 à 5Le gonflement baisse ; l’évaluation par un ORL est possible.
- Jusqu’au jour 10Un repositionnement sous anesthésie locale peut être proposé.
- 2 semainesLimite habituelle de la remise en place, avant le cal osseux ; fin de la période sans effort intense.
- 6 semainesConsolidation de l’os ; reprise possible des sports où le visage peut être touché.
Combien de temps faut-il pour guérir d’un nez cassé ?
Le délai dépend de ce que l’on appelle guérison, et le tableau ci-dessous distingue ces étapes.
| Étape | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| 3 à 5 jours | Le gonflement s’estompe. |
| Jusqu’à 3 semaines | Selon le NHS, un nez cassé guérit habituellement tout seul en 3 semaines au plus. |
| 2 semaines | Pas d’exercice intense. |
| Environ 6 semaines | Consolidation des os ; pas de sport exposant le visage avant ce délai. |
| Environ 2 mois | Chirurgie de la cloison envisageable. |
| 6 à 12 mois | Si la déformation persiste après une remise en place tardive, une rhinoplastie post-traumatique peut être envisagée. |
Pour le patient, cela veut dire qu’un nez désenflé n’est pas encore un nez consolidé : le sport doit rester prudent plus longtemps que la gêne. Le tableau se lit de haut en bas : les quatre premières lignes décrivent la guérison, les deux dernières les séquelles. Si la remise en place a lieu après plus de 10 jours, la déformation risque de ne pas être complètement corrigée. Quant à la déformation de la cloison, la chirurgie de redressement, la septoplastie, ne s’envisage qu’environ 2 mois après. Les reprises du nez sont présentées sur la page de la rhinoplastie secondaire.
Questions fréquentes sur nez cassé
Qui consulter pour un nez cassé ?
Un médecin ORL, ou un chirurgien maxillo-facial, dans les 5 jours suivant le choc. Si la douleur et la gêne respiratoire sont importantes, ou en cas de signe d’alerte, les urgences sont le bon choix.
Est-ce grave de se casser le nez ?
Les fractures du nez sont rarement graves, mais l’hématome de cloison et la fuite de liquide céphalorachidien exigent une prise en charge rapide.
Comment faire dégonfler un coup sur le nez ?
Le gonflement s’efface de lui-même en 3 à 5 jours. Dormir la tête surélevée aide, et un avis médical s’impose si l’enflure ne baisse pas.
Peut-on se remettre le nez en place soi-même ?
Non. Si le nez a changé de forme, il ne faut pas essayer de le redresser, car la remise en place est un geste médical réalisé sous anesthésie.
Un nez cassé sans déplacement se soigne-t-il seul ?
La majorité des fractures du nez n’altèrent pas l’alignement et ne nécessitent donc pas de réduction. Un examen reste néanmoins nécessaire.
Faut-il un plâtre pour un nez cassé ?
Après une remise en place, le tamponnement interne est laissé en place 4 à 7 jours et l’attelle externe 7 à 14 jours. Un plâtre classique n’est donc pas le principe.
Combien de temps sans sport après un nez cassé ?
Pas d’effort intense pendant 2 semaines, et pas de sport exposant le visage à un choc pendant au moins 6 semaines, selon le repère du NHS.
Quelle différence entre cartilage cassé et os cassé ?
Un examen est nécessaire pour les distinguer. L’enjeu principal est l’hématome septal : si du sang s’accumule sous la muqueuse qui recouvre le cartilage de la cloison, le cartilage peut se nécroser.
Quand consulter et ce qu’il faut retenir
Les urgences s’imposent devant un saignement qui ne s’arrête pas, un liquide clair qui coule du nez, un gonflement violacé à l’intérieur du nez, une douleur intense avec difficulté importante à respirer, une plaie ouverte ou tout autre signe de traumatisme crânien.
Après un choc important, si le nez saigne et gonfle, consulter est toujours préférable. Même en l’absence de signe d’urgence, un avis ORL dans les 5 jours est recommandé, afin que le spécialiste décide s’il faut ou non remettre le nez en place. La fondation Rothschild donne les mêmes repères.
Si le nez reste déformé ou gêne la respiration une fois la guérison acquise, une consultation spécialisée permet d’en discuter, et la rhinoplastie n’est alors qu’une option parmi d’autres.






