La reconstruction mammaire après un cancer du sein est réalisée soit de façon immédiate, au décours de l’ablation, soit de façon différée. Le choix de la technique est une décision médicale partagée entre les professionnels de santé et la patiente. Cette vue d’ensemble s’appuie sur les rapports de la Haute Autorité de santé (HAS) ; la page sur la reconstruction mammaire après un cancer à Paris 16e détaille la prise en charge à la clinique.
Quelles sont les options pour reconstruire un sein ?
Avant de choisir la technique, il faut choisir le moment : la reconstruction peut être immédiate, c’est-à-dire réalisée au décours de l’ablation du sein, ou différée, à distance plus ou moins grande de la mastectomie. Le choix entre les deux est détaillé dans l’article sur la reconstruction immédiate ou différée.
La reconstruction peut faire appel à une prothèse, à un lambeau ou au lipomodelage, qui consiste à injecter dans le sein de la graisse prélevée ailleurs. Après une mastectomie non totale, la reconstruction immédiate ou la pose d’une prothèse d’expansion permet de combler le vide de la cavité d’exérèse avant la reconstruction. Le lambeau autologue utilise vos propres tissus, et le lambeau pédiculé du muscle grand dorsal est majoritaire dans cette famille de techniques.
Quelle que soit la voie, plusieurs opérations successives sous anesthésie générale sont le plus souvent nécessaires. Leur nombre dépend du type de mastectomie, de la technique choisie et de vos attentes. Pour une situation à part, celle du syndrome de Poland, un article est consacré à la reconstruction mammaire du syndrome de Poland.
Que change la reconstruction par lambeau ?
Le lambeau reconstruit le sein avec des tissus prélevés sur la patiente elle-même, ce qui donne, lorsqu’il prend bien, un aspect plus naturel qu’avec un implant. Si l’implantation est réussie, sans nécrose, le résultat acquis est stable dans le temps et suit la morphologie propre de la patiente.
Les lambeaux libres, eux, impliquent la microchirurgie : les vaisseaux du lambeau (artères et veines) sont raccordés par anastomoses à ceux de la zone thoracique pour l’irriguer. Le DIEP, un lambeau abdominal, est devenu en France la technique standard de première intention avec lambeau abdominal, même s’il est bien moins pratiqué que les lambeaux pédiculés du grand dorsal. L’Assurance maladie le prend en charge depuis son inscription à la CCAM en 2014. Il est pratiqué par des chirurgiens qualifiés en microchirurgie et formés à cette technique, dans certains centres, essentiellement du secteur public.
Le lambeau n’est pas possible pour toutes les patientes. Les pathologies vasculaires, comme la microangiopathie ou le syndrome de Raynaud, contre-indiquent les lambeaux libres par microchirurgie. Des antécédents de plastie abdominale ou une cicatrice de césarienne interdisent, de leur côté, les prélèvements dans la zone abdominale. L’article lambeau ou prothèse compare ces options.
| Technique | Principe | Point d’attention |
|---|---|---|
| Prothèse, avec ou sans expandeur | Un expandeur peut combler le vide après une mastectomie non totale | Plusieurs opérations le plus souvent nécessaires |
| Lambeau | Tissus de la patiente ; le grand dorsal est majoritaire, le DIEP est la technique standard avec lambeau abdominal | Microchirurgie pour les lambeaux libres ; aspect plus naturel si sans nécrose |
| Lipomodelage | Graisse ponctionnée puis injectée dans le sein | Une séance d’environ une heure ; moins invasif |
À quoi sert le lipomodelage dans une reconstruction ?
Le lipomodelage consiste à ponctionner de la graisse dans une zone du corps puis, après préparation, à l’injecter dans le sein. Une séance ne nécessite qu’une anesthésie générale d’environ une heure, et l’acte est moins invasif, puisqu’il n’y a pas d’ouverture chirurgicale.
Le lipomodelage se discute en consultation, comme les autres techniques.
Reconstruire avant ou après la radiothérapie ?
La radiothérapie pèse sur le moment de la reconstruction : les femmes ayant eu une radiothérapie avant la mastectomie doivent savoir que le risque de complications est plus grand. Selon une revue systématique, une reconstruction par implant définitif placée avant la radiothérapie limite le taux de complications (revue publiée sur PubMed).
Pour la reconstruction différée, le délai moyen, dans une cohorte, était de 2,8 ans, très hétérogène, de 5 mois à 18 ans. Cette moyenne décrit un groupe de patientes, pas une règle : le bon moment dépend de votre traitement et de votre projet, et se discute avec les équipes qui vous suivent.
Quels sont les risques d’une reconstruction mammaire ?
Selon la HAS, les techniques chirurgicales de reconstruction comportent des risques de complications et d’effets secondaires, à court comme à long terme. Les principaux sont les suivants.
- Au niveau du sein, une nécrose ou une congestion veineuse.
- Au niveau du site de prélèvement, un sérome, un hématome ou une infection.
- Des cicatrices, quelle que soit la technique.
- Une nécrose graisseuse après un lambeau, dont le risque est plus important après un DIEP qu’après un TRAM.
- Un risque de complications plus grand en cas de radiothérapie antérieure.
Les risques propres à l’implant, comme la reprise chirurgicale, se discutent en consultation ; l’article lambeau ou prothèse les met en regard des lambeaux.
Comment choisir sa reconstruction ?
Pourquoi faire une reconstruction mammaire, et laquelle ? La réponse est personnelle : le choix repose sur une décision médicale partagée entre les professionnels de santé et vous, ce qui constitue un droit essentiel de la patiente.
Le nombre idéal de consultations pour bien choisir la technique a été estimé à deux ou trois. Ces consultations permettent de parler du traitement reçu, de votre anatomie, de vos attentes et de vos antécédents.
Questions fréquentes sur la reconstruction mammaire
Quand faire une reconstruction mammaire ?
Soit immédiatement, au décours de l’ablation du sein, soit en différé, à distance plus ou moins grande de la mastectomie. Une radiothérapie antérieure entre en compte dans cette décision.
Comment se déroule une reconstruction mammaire ?
Plusieurs opérations successives sous anesthésie générale sont le plus souvent nécessaires, selon le type de mastectomie, la technique choisie et vos attentes.
Quels sont les risques d’une reconstruction mammaire ?
Pour les lambeaux, la HAS cite la nécrose, la congestion veineuse, le sérome, l’hématome, l’infection et les cicatrices. Le risque de complications est plus grand après une radiothérapie.
Quel est le prix d’une reconstruction mammaire ?
Le cancer du sein est une affection de longue durée : toutes les dépenses liées à cette maladie sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sur la base du tarif de remboursement fixé par la Sécurité sociale. À la Clinique Spontini, un acte absent de la grille est établi sur devis, après consultation.
Le DIEP est-il remboursé ?
Oui, l’Assurance maladie le prend en charge depuis son inscription à la CCAM en 2014. Il est pratiqué par des chirurgiens formés à la microchirurgie, dans certains centres.
Peut-on reconstruire un sein avec sa propre graisse ?
Le lipomodelage consiste à ponctionner de la graisse puis à l’injecter dans le sein. Une séance dure environ une heure sous anesthésie générale.
Tout le monde peut-il avoir un lambeau ?
Non. Les pathologies vasculaires et certains antécédents abdominaux limitent les lambeaux.
Combien de consultations avant de choisir ?
Le nombre idéal de consultations pour bien choisir la technique a été estimé à deux ou trois. La décision est partagée entre les professionnels de santé et la patiente.
Ce qu’il faut retenir avant de décider
Prenez le temps de comparer les techniques en consultation, avec l’équipe qui suit votre cancer. Dès l’annonce d’une mastectomie, parlez de reconstruction à l’équipe de cancérologie et demandez l’avis d’un chirurgien plasticien, car la question peut se discuter avant l’ablation.
Le cancer du sein est une affection de longue durée, dont toutes les dépenses sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie sur la base du tarif de la Sécurité sociale. L’article sur le remboursement d’une reconstruction du sein détaille les démarches. À la Clinique Spontini, un acte absent de la grille est établi sur devis, après consultation, et le Dr Edery, chirurgien plasticien, réalise les actes de chirurgie réparatrice.
Après une reconstruction, consultez sans attendre en cas de rougeur, de douleur croissante, de fièvre, d’écoulement ou de changement de couleur ou de chaleur du sein.







