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Poitrine

Lambeau ou prothèse, comment choisir sa reconstruction ?

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Lambeau ou prothèse comment choisir sa reconstruction
Sommaire
  1. Qu’est-ce qu’un lambeau en chirurgie reconstructrice ?
  2. Comment se déroule une reconstruction par lambeau ?
  3. Quel temps de cicatrisation et quelles séquelles après un lambeau ?
  4. Que faut-il attendre d’une reconstruction par prothèse ?
  5. Radiothérapie, tabac et morphologie orientent le choix de la technique
  6. Combien coûte une reconstruction et où se faire opérer ?
  7. Questions fréquentes sur reconstruction mammaire par lambeau
  8. Ce qu’il faut retenir avant de choisir

La reconstruction mammaire par lambeau utilise vos propres tissus pour refaire le sein, alors que la prothèse pose un implant ; le choix entre les deux dépend surtout de la radiothérapie, de votre morphologie, du tabac et de vos activités. Cette page détaille le déroulement, la convalescence et les séquelles de chaque technique, en complément de notre page sur la reconstruction mammaire après un cancer à Paris 16e. Les durées citées viennent des fiches hospitalières et des recommandations publiées.

Qu’est-ce qu’un lambeau en chirurgie reconstructrice ?

Un lambeau est un morceau de tissu de votre corps déplacé vers la poitrine avec ses vaisseaux, pour lui redonner du volume. Le vocabulaire est moins technique qu’il n’y paraît, et il aide à poser la bonne question à votre chirurgien.

Un lambeau, c’est quoi ?

La reconstruction par lambeau déplace des muscles de la patiente, avec leur innervation et leur circulation sanguine, vers l’endroit où était le sein malade, comme l’explique Vidal. Le lambeau permet de recréer un sein plus naturel, mais la technique reste lourde.

Deux grandes familles existent. Le lambeau abdominal reconstruit le sein avec la peau et la graisse du ventre située sous l’ombilic, selon deux techniques, le TRAM et le DIEP. Ces points sont détaillés par les Hôpitaux universitaires de Genève.

Le lambeau du grand dorsal, lui, prélève la quasi-totalité du muscle grand dorsal avec une partie de la peau en vis-à-vis. Le muscle reste relié à l’aisselle par les vaisseaux qui le nourrissent.

Lambeau et prothèse, la différence

La prothèse ne déplace aucun tissu : elle est proposée quand la peau du sein garde une certaine qualité et peut être conservée en quantité suffisante pour recouvrir l’implant. Le lambeau, lui, apporte du tissu qui vient d’ailleurs dans le corps.

Dans les deux cas, il faut garder à l’esprit que la reconstruction mammaire n’est pas un traitement et qu’elle n’est pas obligatoire. Pour un panorama plus large, lisez notre article sur les options de reconstruction après un cancer.

Comment se déroule une reconstruction par lambeau ?

Le déroulement dépend de la zone de prélèvement, le dos ou le ventre, et la durée de l’opération n’est pas la même.

Le lambeau du grand dorsal

Selon la page des HUG sur le lambeau du grand dorsal, cette technique est plus rapide que celle par lambeau abdominal. Lors d’une reconstruction immédiate, la durée moyenne de l’intervention est d’environ 4 heures en plus de la mastectomie, et l’hospitalisation dure en moyenne 6 à 10 jours.

Le lambeau abdominal (DIEP)

Dans le DIEP, le muscle grand droit de l’abdomen est laissé en place, à la différence du TRAM. La durée moyenne de l’intervention est d’environ 8 à 10 heures, que la reconstruction soit immédiate ou secondaire, et l’hospitalisation dure en moyenne 6 à 10 jours lors d’une reconstruction immédiate.

Les cicatrices sont identiques à celles d’une abdominoplastie, avec une cicatrice abdominale inférieure et autour de l’ombilic, ainsi qu’une autre au niveau du sein. Si vous hésitez entre lambeau et graisse, notre comparaison lipofilling mammaire ou prothèses apporte un autre éclairage.

Quel temps de cicatrisation et quelles séquelles après un lambeau ?

Après un grand dorsal, l’arrêt de travail est d’environ 6 à 8 semaines, contre environ 8 à 10 semaines après un lambeau abdominal. Les séquelles, elles, dépendent de la zone prélevée.

Combien de temps dure la convalescence ?

La reprise d’une activité physique normale se fait après la même durée que l’arrêt de travail, soit environ 8 à 10 semaines après un lambeau abdominal et 6 à 8 semaines après un grand dorsal. Dans les deux cas, le sport intense reste arrêté pendant 3 mois.

Selon la Haute Autorité de santé, fumer augmente le risque d’infections et de complications et nuit à la cicatrisation, même à partir d’une cigarette par jour, jusqu’à pouvoir entraîner l’échec de la reconstruction.

Quelles séquelles au quotidien ?

Pour la grande majorité des patientes, les activités de la vie quotidienne ne sont pas influencées par la perte du grand dorsal, car d’autres muscles compensent l’activité de ce muscle. Rarement, certaines activités sportives comme l’escalade peuvent être difficiles.

Les complications existent néanmoins. Du côté du dos, il peut se former une accumulation de liquide séreux (sérome), qui nécessite parfois des ponctions répétées, et plus rarement une souffrance de la peau pouvant aller jusqu’à la nécrose. Dans le DIEP, les vaisseaux reconnectés sous microscope peuvent se boucher et nécessiter une reprise rapide au bloc opératoire.

Que faut-il attendre d’une reconstruction par prothèse ?

La prothèse est l’intervention la plus brève : une reconstruction immédiate dure en moyenne environ 2 heures en plus de la mastectomie, avec 3 à 7 jours d’hospitalisation. Le chirurgien utilise la cicatrice de la mastectomie, sans cicatrice supplémentaire puisqu’une seule incision est pratiquée.

Elle a ses limites. Selon les HUG, un sein reconstruit par prothèse peut paraître un peu moins naturel, car la prothèse donne un aspect plus bombé et rigide. Après 5 ans, environ 40 % des prothèses sont remplacées du fait d’une capsulite, d’une déformation ou d’un déplacement de l’implant, et en l’absence de complications le changement a lieu environ tous les 10 ans.

La radiothérapie, avant ou après l’opération, est une contre-indication relative : elle abîme les tissus et altère la cicatrisation, ce qui augmente les risques d’exposition de la prothèse, d’infection et de capsulite.

Trois techniques comparées
Grand dorsalEnviron 4 h en plus de la mastectomieHospitalisation de 6 à 10 joursArrêt de travail de 6 à 8 semainesCicatrice supplémentaire au dos
Lambeau abdominal DIEPEnviron 8 à 10 hHospitalisation de 6 à 10 joursArrêt de travail de 8 à 10 semainesCicatrice d’abdominoplastie
ProthèseEnviron 2 h en plus de la mastectomieHospitalisation de 3 à 7 joursPas de cicatrice supplémentaireChangement environ tous les 10 ans

Radiothérapie, tabac et morphologie orientent le choix de la technique

Le tableau ci-dessous résume les éléments qui orientent le choix de la technique.

ÉlémentCe qui oriente le choix
RadiothérapieLes techniques autologues sont préférées à la prothèse interne, car elles apportent de la peau non irradiée, de bonne qualité.
Réserve de graisseUne réserve graisseuse dans le dos pour le grand dorsal, sous le nombril pour le DIEP.
ActivitésLe grand dorsal est moins recommandé si l’on utilise ses bras pour se déplacer ou pour des activités sportives comme l’escalade.
Poids et tabacUn fort excès de poids ou un tabagisme important peuvent contre-indiquer le lambeau abdominal.

Certains antécédents rassurent : les césariennes ou l’appendicectomie n’empêchent pas de réaliser certaines techniques qui utilisent les tissus du ventre, comme le DIEP. La reconstruction ne retarde pas non plus les traitements : une chimiothérapie n’est ni retardée ni gênée par une reconstruction, même immédiate. Ces critères sont détaillés par la Haute Autorité de santé.

Combien coûte une reconstruction et où se faire opérer ?

La reconstruction mammaire est prise en charge à 100 % sur la base du tarif de l’Assurance maladie, mais certains établissements pratiquent des dépassements d’honoraires qui restent à la charge de la patiente. Demandez au chirurgien le détail de ces dépassements avant l’intervention. Les démarches sont expliquées dans notre article sur le remboursement et la prise en charge d’une reconstruction du sein.

Tous les hôpitaux et cliniques ne sont pas en mesure de réaliser l’ensemble des techniques de reconstruction possibles, et il faut parfois changer d’établissement. Il n’est d’ailleurs pas obligatoire de faire sa reconstruction chirurgicale dans l’hôpital où l’on est suivie pour son cancer.

Questions fréquentes sur reconstruction mammaire par lambeau

Qu’est-ce qu’un lambeau en chirurgie ?

C’est un déplacement de tissus de la patiente, muscle, peau et graisse, avec leur circulation sanguine, pour reconstruire le volume du sein, par exemple depuis le dos ou le ventre.

Comment fait-on un lambeau ?

Pour le grand dorsal, le muscle est prélevé avec la peau et reste relié à l’aisselle par ses vaisseaux. Pour le DIEP, on prélève la peau et la graisse du ventre avec leurs vaisseaux, le muscle grand droit étant laissé en place.

Quelles séquelles au quotidien après une reconstruction par lambeau ?

Pour la grande majorité des patientes, la vie quotidienne n’est pas influencée par la perte du grand dorsal. Un sérome au dos reste possible, et le lambeau laisse une cicatrice supplémentaire au dos ou au ventre.

Quel est le temps de cicatrisation d’un lambeau ?

L’arrêt de travail est d’environ 6 à 8 semaines après un grand dorsal et d’environ 8 à 10 semaines après un lambeau abdominal, avec un sport intense arrêté pendant trois mois. Le tabac nuit à la cicatrisation.

Quand faire une reconstruction mammaire ?

Soit le jour de la mastectomie, c’est la reconstruction immédiate, soit plus tard, c’est la reconstruction différée. Elle est nécessairement différée si une radiothérapie est prévue ou si la tumeur est très volumineuse, et on peut aussi décider plus tard.

Combien de temps après la mastectomie peut-on se faire reconstruire ?

Une reconstruction est possible même plusieurs années après la mastectomie. Elle nécessite le plus souvent deux ou trois interventions, espacées de 3 à 6 mois.

Quel est le prix d’une reconstruction mammaire ?

La reconstruction est prise en charge à 100 % sur la base du tarif de l’Assurance maladie. Les dépassements d’honoraires éventuels restent à la charge de la patiente.

Où se faire opérer pour une reconstruction du sein ?

Dans un établissement qui réalise la technique souhaitée, pas forcément celui du suivi du cancer, car certains établissements ne proposent pas toutes les techniques.

Un lambeau laisse-t-il plus de cicatrices qu’une prothèse ?

Oui. En plus de la cicatrice du sein, le lambeau laisse une cicatrice au dos ou au ventre, alors qu’avec une prothèse le chirurgien utilise la cicatrice de la mastectomie, sans cicatrice supplémentaire.

Ce qu’il faut retenir avant de choisir

Le lambeau et la prothèse comportent chacun des risques, et l’indication se pose en consultation avec le chirurgien. La décision dépend de la radiothérapie, de la morphologie, du tabac et des activités. La reconstruction n’est pas obligatoire et peut se décider plus tard, même plusieurs années après la mastectomie. Pour des raisons médicales, par exemple une radiothérapie ou une tumeur volumineuse, elle n’est parfois pas possible le jour de la mastectomie.

Après une reconstruction, contactez sans attendre le chirurgien ou l’établissement en cas de douleur inhabituelle, de changement de couleur ou de température du sein reconstruit, de fièvre, d’écoulement ou de plaie qui s’ouvre. Avant toute décision, une consultation avec un chirurgien plasticien permet d’examiner les techniques possibles ; le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien, réalise les actes de chirurgie réparatrice de la Clinique Spontini.

Portrait du Dr Nathanel Edery

Article rédigé et relu par

Dr Nathanel Edery

Chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique

Chirurgien plasticien, reconstructeur et esthétique (RPPS 10102261806), le Dr Nathanel Edery a effectué son internat de chirurgie plastique à la Faculté de médecine Paris 7 Diderot (2015-2020). Il est assistant spécialiste en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique au Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph depuis 2020. Il est titulaire de diplômes universitaires en rhinoplastie esthétique et fonctionnelle (Paris 6, 2020), en anatomie appliquée à la chirurgie plastique (Paris 5, 2018) et en techniques microchirurgicales (Paris 6, 2017). Il opère à la Clinique Spontini, à Paris 16e, et rédige ou relit les articles de chirurgie publiés sur ce site.

Contenu validé médicalement, mis à jour le

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