Allaiter après une mastopexie reste en général possible, mais les chiffres publiés montrent que l’opération peut réduire les chances de réussite. Le calendrier de l’opération et le dialogue avec le chirurgien comptent donc autant que la technique, ce que détaille notre page sur le lifting mammaire (mastopexie) à Paris 16e.
Quel est le taux de réussite de l’allaitement après une mastopexie ?
La BAAPS indique qu’un lifting n’empêche pas une grossesse future et n’interfère en général pas avec l’allaitement. Une étude nuance toutefois ce constat : le taux de réussite est de 82 % pour les femmes dont la grossesse a précédé l’opération et de 41 % pour celles dont la grossesse l’a suivie. Elle porte sur 209 répondantes : 104 femmes ayant eu une grossesse avant l’opération et 61 ayant eu une grossesse après, comme l’indique cette publication indexée dans PubMed.
Dans le groupe opéré, la cause d’échec était le plus souvent un lait insuffisant. Aucune différence significative n’a été trouvée selon le pédicule utilisé (le pont de tissu qui nourrit le mamelon) ni selon le poids de glande retiré.
Les auteurs concluent qu’une réduction mammaire ou une mastopexie semble avoir un impact négatif sur la capacité à allaiter. Cet impact est multifactoriel, et ces résultats sont à interpréter avec prudence : ils décrivent une tendance, pas ce qui vous arrivera. Pour la technique elle-même, voir notre page sur le lifting mammaire.
Pourquoi la réduction mammaire pèse-t-elle plus lourd que le lifting sur l’allaitement ?
Après une réduction mammaire, il est possible de ne plus pouvoir allaiter.
Une revue systématique sur la réduction mammaire donne une réussite médiane de l’allaitement de 4 % pour les techniques sans préservation, 75 % avec préservation partielle et 100 % avec préservation complète du parenchyme sous-aréolaire, la glande située sous l’aréole, d’après la revue publiée dans PubMed Central. Les techniques qui préservent cette colonne de glande semblent donc offrir plus de chances de réussite.
Pour une mastopexie, le choix de la technique tient compte du degré de ptose, de la cicatrice souhaitée et de l’anatomie. Il se discute en consultation, comme présenté sur notre page de chirurgie de la poitrine à Paris.
Faut-il opérer avant ou après les grossesses pour allaiter après une mastopexie ?
Le plus simple est d’opérer après avoir fini d’avoir des enfants, puisqu’une grossesse peut modifier les seins et nécessiter une nouvelle mastopexie si l’on opère avant. C’est la raison principale d’attendre.
Les seins grossissent souvent pendant la grossesse et diminuent après l’allaitement, ce qui étire la peau et les ligaments. Avec l’allaitement, ils prennent d’abord du volume puis en perdent lors du sevrage.
C’est pourquoi la plupart des chirurgiens attendent six à douze mois après l’arrêt de l’allaitement pour opérer, afin que le sein ait le temps de retrouver sa forme d’origine. Si votre sein a changé après une grossesse, lisez nos articles sur le mommy makeover après grossesse et sur les seins vidés après grossesse.
La ptôse mammaire change-t-elle quelque chose à l’allaitement ?
Le lifting mammaire est une intervention esthétique ambulatoire qui corrige la ptôse, c’est-à-dire la situation où le mamelon descend sous le sillon sous-mammaire.
Dans une étude sur les facteurs de ptôse, l’allaitement, la prise de poids pendant la grossesse et l’absence d’exercice des muscles du haut du corps n’étaient pas des facteurs de risque significatifs. Notre page sur la ptôse mammaire détaille les stades et les causes.
L’allaitement après mastopexie est-il plus difficile avec des seins hypoplasiques ?
Les données sont limitées. L’insuffisance de lait est la raison la plus fréquente d’arrêt prématuré de l’allaitement, et l’hypoplasie mammaire, c’est-à-dire des seins peu développés, est l’une des raisons pour lesquelles certaines femmes sont incapables de produire un lait suffisant.
Dans une revue systématique sur l’hypoplasie mammaire, la plupart des femmes, 40 sur 42, avaient cessé l’allaitement exclusif avant 1 mois post-partum. La relation entre hypoplasie mammaire et issue de l’allaitement est toutefois peu étudiée, ce qui interdit d’en tirer une règle individuelle.
Peut-on allaiter après une mastopexie avec des prothèses mammaires ?
Oui dans la majorité des cas, mais pas dans tous. Dans une méta-analyse, 82,25 % des patientes porteuses d’implants ont pu allaiter avec succès, selon cette méta-analyse.
Ses auteurs concluent toutefois à une possible altération de la capacité d’allaiter chez les femmes ayant des implants par rapport à celles qui n’en ont pas. Une grande étude de suivi est plus rassurante : la plupart des femmes ayant accouché après une augmentation avec implants ronds en silicone ou en sérum physiologique ont pu allaiter sans complication. Pour associer lifting et implants, voyez notre article sur la mastopexie avec ou sans implants.
Quelles précautions prendre avant un lifting quand on veut allaiter ?
Trois précautions concrètes réduisent les mauvaises surprises.
- Parlez de votre projet de grossesse et d’allaitement au chirurgien avant l’opération, car la technique et le calendrier s’ajustent en consultation.
- La mastopexie comporte des risques, notamment cicatrices, asymétrie et modifications de la sensibilité, détaillées dans notre article sur la sensibilité des mamelons après un lifting.
- Prévenez l’équipe de la maternité de l’opération passée.
Que dire au chirurgien avant une mastopexie si l’on veut allaiter plus tard ?
Dites-lui d’abord si vous souhaitez d’autres enfants, car le moment de l’opération se discute en fonction de ce projet. La mastopexie comporte des risques, notamment cicatrices, asymétrie et modifications de la sensibilité, et l’indication se pose en consultation.
Un rendez-vous avec un chirurgien plasticien permet d’examiner la situation de chaque patiente. Le Dr Nathanel Edery, chirurgien plasticien, réalise les actes de chirurgie esthétique de la Clinique Spontini.
Questions fréquentes sur allaiter après mastopexie
Peut-on allaiter après un lifting mammaire ?
Un lifting n’interfère en général pas avec l’allaitement, mais une étude trouve une réussite de 41 % après l’opération contre 82 % avant.
Peut-on allaiter après une réduction mammaire ?
C’est possible, mais moins sûr. La réussite médiane va de 4 % sans préservation à 100 % avec préservation complète du parenchyme sous-aréolaire.
Peut-on allaiter avec une hypoplasie mammaire ?
L’hypoplasie peut empêcher certaines femmes de produire un lait suffisant. Les données sont limitées, et il est utile d’en parler à l’équipe de la maternité.
L’allaitement provoque-t-il une ptôse mammaire ?
Dans l’étude citée, l’allaitement n’était pas un facteur de risque significatif de ptôse. Les seins grossissent pendant la grossesse puis diminuent après le sevrage, ce qui étire la peau.
Peut-on allaiter avec des implants mammaires ?
Dans une méta-analyse, 82,25 % des patientes porteuses d’implants ont allaité avec succès. Elle conclut cependant à une possible altération de la capacité d’allaiter.
Combien de temps attendre après l’allaitement avant un lifting ?
La plupart des chirurgiens attendent six à douze mois après l’arrêt de l’allaitement pour opérer.
Faut-il avoir fini ses grossesses avant un lifting ?
Une grossesse après l’opération peut modifier les seins et nécessiter une nouvelle mastopexie. Le projet d’enfants se discute en consultation.
Que faire si le lait est insuffisant après une chirurgie du sein ?
L’insuffisance de lait est la cause d’arrêt prématuré la plus fréquente. Parlez-en sans attendre à la sage-femme ou à l’équipe de la maternité.
Ce qu’il faut retenir avant de décider
Pendant l’allaitement, en cas de douleur vive, de rougeur, de fièvre ou de bébé qui ne prend pas de poids, consultez rapidement votre médecin ou votre sage-femme. Avant un lifting, parlez de votre projet d’enfant lors de la consultation : elle permet de choisir le moment et la technique avec le chirurgien.






